Système de paye Phénix | Les ratés causent du stress et de la colère

Plus de 50 % des 1 500 fonctionnaires du gouvernement fédéral de la région ont des problèmes de paie liés au système Phénix. Si certains reçoivent trop d’argent, d’autres ne sont tout simplement pas payés depuis plusieurs mois. Cette situation cause énormément de stress et de colère auprès des gens touchés.

«C’est alarmant. J’ai été personnellement témoin de situations de détresse psychologique», a lancé le président du conseil régional de l’Alliance de la fonction publique du Québec (AFPC), Marc-André Gobeil, qui a fourni les chiffres à La Pige.

Le système Phénix, qui gère les paies des fonctionnaires fédéraux, a été mis en place il y a deux ans et connaît des ratés majeures depuis.«Et ce n’est pas terminé», a-t-il mentionné en entrevue téléphonique.

La Pige a joint un des employés touchés, mais malgré sa situation qu’il qualifie de frustrante, celui qui n’a pas touché de salaire depuis quelques mois n’a pas voulu parler plus par crainte de représailles. « On a signé un contrat, on est donc tenu au secret. Ça en prend pas gros pour qu’on perde notre job», a-t-il affirmé.

La pointe de l’iceberg

Gobeil croit que ce n’est que le début des problèmes de Phénix, car une bonne partie des salariés ne se sont pas manifestés.«La majorité des salariés qui ont eu des problèmes mineurs ne les ont pas dénoncés, puisqu’ils attendent que les cas majeurs se résorbent.»

Selon lui, lorsque ceux qui doivent ajuster des sommes mineures sur leur paie vont se manifester, de nouveaux problèmes vont faire surface. «C’est plus de 150 000 personnes que ça touche au pays et plusieurs n’ont pas encore mentionné ou remarqué leurs problèmes sur leur paie. Les libéraux n’ont pas l’air de comprendre l’ampleur du problème», affirme-t-il

Plusieurs ne sont pas au courant en effet qu’ils ne sont pas payés comme il se doit et cela est causé, selon M. Gobeil, par la complexité du système Phénix. D’après m.Gobeil, «C’est presque impossible de suivre ce qu’il se passe vraiment avec ton salaire tellement les talons de paye ne sont pas clairs», témoigne-t-il.

Le leader régional du syndicat dit n’avoir aucun espoir que le problème se règle à court terme. «Les libéraux continuent de minimiser la situation malgré le fait qu’à chaque cas réglé, Phénix génère environ deux autres erreurs», mentionne-t-il. 

Un système défectueux

Selon M. Gobeil, le problème est le système comme tel. «Les coupables ne sont pas les fonctionnaires qui essaient de régler le problème, personne ne sait vraiment qu’est-ce qui ne marche pas avec Phénix», a-t-il dénoncé.

Malgré le fait que certaines complications se sont réglés, plusieurs persistent, comme par exemple l’arrivée de nouveaux employés et les départs à la retraite. «Le système semble incapable de gérer ça», avance-t-il.

D’après le président régional de l’AFPC, le gouvernement aurait pu éviter une telle situation. «Le premier problème a été la centralisation des services, on a remis Phénix dans les mains de fonctionnaires pas formés pour le gérer. Par la suite, malgré les nombreux avertissements de notre syndicat, le gouvernement a minimisé et évité les problèmes jusqu’à ce qu’ils deviennent hors de contrôle.»

Enquête nationale

Ces bévues touchent tous les Canadiens et Canadiennes selon la vice-présidente exécutive provinciale de l’AFPC, Magali Picard.«Phénix a coûté jusqu’à présent 1,4 milliard $ aux contribuables canadiens et on ne voit pas le bout, on estime que la situation prendra plus d’un an à régler et que la facture pourrait s’élever à deux milliards $.»

Celle-ci qualifie le problème «d’immense» et réclame une enquête nationale publique afin de savoir ce qui s’est passé.«Il faut savoir qui a donné le go à Phénix tout en sachant très bien que l’Australie avait tenté de l’adopter et que l’expérience avait été un fiasco. Le gouvernement a des comptes à rendre à sa population afin que la situation ne se reproduise jamais», a-t-elle mentionné en entrevue.

À propos de Antoine D'Amours

Lors des 3 dernières années, le jeune homme de 20 ans a acquis beaucoup d’expérience dans le domaine des communications si l’on considère son jeune âge, il a en effet travaillé comme journaliste et animateur en 2015 à la station de radio communautaire CFAI-FM à Edmundston au Nouveau-Brunswick pour ensuite se rapprocher de la maison et travailler dans sa ville natale (Rivière-du-Loup) au FM 107 en tant qu’animateur. Ce grand passionné de sports (plus précisément de baseball) et de musique espère un jour réaliser son rêve d’enfance et ainsi décrocher un boulot dans le domaine du journalisme sportif, si possible à la télé.

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