samedi , 17 août 2019
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Les artistes méritent un milliard de plus  

La coalition «La culture, le cœur du Québec» est montée aux barricades quelques mois avant le dépôt de la politique culturelle avec, comme principale revendication, 1 milliard $ de plus en réinvestissement sur trois ans. Un montant qui doublerait le budget actuel attribué dans le secteur, mais qui est largement justifiable par les conditions parfois misérables des travailleurs.

Actuellement au Québec, seulement 1 % du budget annuel, à peu près un milliard, est investi dans le domaine des arts et de la culture. Il s’agit pourtant d’une industrie qui est constamment en mouvement et qui génère des profits exorbitants, près d’un milliard chaque année uniquement pour la région de Québec. Malgré tout, les emplois sont fragiles et souvent temporaires.

Une étude de 30 pages, menée par deux économistes pour la coalition, en conclut que même si la rentabilité n’est pas toujours au rendez-vous, investir permet de valoriser l’ensemble du domaine culturel, de la création à la diffusion.

L’étude formule les recommandations suivantes: un bond de 1,1 % à 2 % de financement public constituerait un engagement significatif et durable, une valorisation artistique similaire à celle du domaine scientifique serait bénéfique, l’appuie du privée serait primordiale pour la modernisation de la gestion dans les institutions culturelles et l’accompagnement entrepreneurial essentiel.

Selon les chiffres cités par le co-auteur de l’étude, l’économiste Emmanuel Paradis, en 2016, 5 % des travailleurs québécois devaient occuper au moins deux emplois, contre 9 % chez les artistes. Cet écart n’a cessé de s’amplifier depuis les années 90.

Avec deux milliards $ d’ici 2021, le milieu artistique serait encore légèrement sous la barre de plusieurs pays européens, dont le budget octroyé aux arts dépasse le 2 %.

La coalition, qui regroupe quelque 150 000 artistes, techniciens et créateurs du milieu culturel, a déjà rencontré les fonctionnaires du ministère des Finances à Montréal dans le cadre d’une rencontre prébudgétaire.

Espérons que le gouvernement de Philippe Couillard sera réceptif aux propositions de la coalition. Les arts et la culture sont le joyau et la fierté du Québec. Face aux adversaires géants, largement favorisés par le gouvernement fédéral, il est nécessaire pour l’État provincial de contribuer à la survivance du milieu qui rejoint chacun de ses contribuables.

À propos de William Larouche

Originaire de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, William Larouche rêve depuis ses 8 ans de déménager en ville. Montréal, Toronto ou New York, tant qu’il y a un métro et des magasins, il sait qu’il s’épanouira. Son accent régional très prononcé est toutefois inévitable. Ses passe-temps préférés ? Fêter et s’entraîner. Des activités bien différentes, mais qui l’aident à libérer son énergie. William demeure tout de même très sérieux à l’école ainsi que pendant ses heures de travail, sans changer pour autant. Fidèle à lui-même, il ne sort jamais de chez lui sans parfum. Un homme d’ambition, il espère avoir une brillante carrière dans le milieu des communications. Il est très attiré par les domaines de l’économie, de la politique et de la mode, mais ne veut pas se restreindre uniquement à ceux-ci.

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