Un film de paradoxes qui soulève la réflexion

Sébastien Pilote signe un troisième long-métrages brillant avec La disparition des lucioles, qui met en lumière le cynisme à travers le personnage d’une jeune adolescente aussi attachante que détestable.

Le cinéaste originaire de Saint- Ambroise a tourné une fois de plus dans sa région natale pour dévoiler un film très esthétique.

Après deux longs-métrages avec comme vedette des personnages masculins, cette fois-ci c’est une adolescente qui se retrouve au coeur du scénario, magnifiquement jouée par la jeune actrice de 22 ans, KarelleTremblay.

Le génie de la production se trouve incontestablement dans ce personnage d’adolescente ou devrait-on dire «adulescente». Cramponné à notre siège, on se plaît à la détester et à l’adorer. Léonie est tout simplement le pire cauchemar de tous les parents. «J’suis comme la dame de coeur dans Alice aux pays des merveilles, j’veux couper la tête de tout le monde», confie Léo à son professeur de guitare interprété par Pierre-Luc Brillant.

C’est paradoxal parce qu’il y a quelque chose de très drôle dans les réactions de la jeune fille face aux situations de la vie. On ne peut résister à sourire en pensant nous-mêmes à notre adolescence. L’actrice qui n’est pas très loin de cette période, nous replonge en plein dedans et avec un naturel sans pareil.

De brillants acteurs

Pilote a choisi une brochette d’acteurs bien connus. Pierre- Luc Brillant partage l’écran en tenant le rôle secondaire du professeur de guitare. C’est un rôle d’ailleurs qui laisse un peu perplexe. On se demande quel sera le dénouement de la rela-tion que partagent celui-ci et la jeune fille. Luc Picard joue quant à lui le père de Léonie, exilé sur la Côte-Nord, alors que Fran-çois Papineau qui interprète le «méchant beau-père». Un méchant beau-père qui se fait d’ailleurs démolir sa BMW par la petite effrontée.

La force de l’oeuvre se joue sur le plan des acteurs, mais également dans la photogra-phie des plans et de sa diversité. Des images propres à la région avec des paysages à couper le souffle. Le cinéaste a su mettre sa région de l’avant en l’inté-grant à son histoire de façon très réaliste. La disparition des lucioles est bien plus qu’un film grand public, c’est une oeuvre qui soulève une réflexion, qui nous hante longtemps après sa projection. 

À propos de Marie-Pier Lebrun

Marie-Pier Lebrun
Sous son air discret, Marie-Pier Lebrun cache une véritable passionnée. Déterminée dans ce qu’elle entreprend, elle apprécie le travail minutieux et adore embarquer dans des projets avec des gens qui sont prêts à y mettre les efforts. Disons qu’elle est intense, toujours à sa façon! Marie-Pier a décidé d’entreprendre cette belle aventure qu’est le programme Arts Technologies et médias en journalisme. (Bien sûr elle ne savait pas qu’il faisait aussi froid au Saguenay en hiver). C’est d’ailleurs peut-être d’où est née sa passion pour le café.

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