dimanche , 22 septembre 2019
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Dernier disquaire indépendant dans la région

Jello musique, le survivant

 

Les vinyles reviennent à la mode depuis 2013. Photo: Fanny Mattias

Sourire et être naturel. Deux principes qui ont permis à Jello musique de perdurer dans le monde du disque et du vinyle alors qu’il frôlait la faillite. C’est dans son magasin aux néons bleus que Jello Villeneuve passe la majorité de son temps et ce depuis 32 ans.

Disques et vinyles variés envahissent les tables du magasin qui a ouvert le 17 juin 1986. Situé aux Galeries LacSaint-Jean, Jello Musique est maintenant le seul disquaire indépendant de la région. Mais, en réalité, cela fait 42 ans qu’il est dans le domaine, car avant d’ouvrir son magasin, M. Villeneuve a d’abord travaillé 10 ans pour la Galerie du disque.

«Je suis tombé dans le monde de la musique quand j’étais jeune. À 15 ans, j’ai bossé dans les bars même si je n’avais pas l’âge, confie-t-il en riant. Par la suite, j’ai travaillé comme disc jockey à l’hôtel Hébertville, et ça fait maintenant 33 ans que j’ai ma disco-mobile», précise M. Villeneuve. Jello musique a connu l’évolution du vinyle vers le numérique, il est passé du 45 tours aux tables analogiques avec des ordinateurs.

Selon Jello Villeneuve, Alma a déjà compté entre 10 et 15 disquaires. Tout comme les autres magasins de disques, Jello musique a connu des années

Jello Villeneuve estime que le contact humain vaut mieux qu’un contact virtuel
Photo: Fanny Mattias

faciles et d’autres difficiles. Mais il a persisté et traversé ces complications en travaillant 80 heures par semaine. «Si je veux réussir aujourd’hui c’est ça sinon, on oublie. L’amour, le travail et le sourire pour mon métier ont fait en sorte que je survive, mais aussi mes chroniques à la radio», explique-t-il. Depuis qu’il est disquaire indépendant, il a connu entre six et sept déménagements. Il a d’abord passé 11 ans aux Galeries Lac-Saint-Jean où il a vu les magasins fermer les uns après les autres, ce qui l’a décidé à transférer son commerce au centre-ville à la Plaza d’Alma. «Les propriétaires m’ont fait déménager quatre fois et la cinquième fois ça m’a coûté un bras car 80 % du monde n’achetait pas. Contrairement aux Galeries où les gens rentrent et ils achètent», explique Jello musique en souriant.

Après cinq ans à vivre cette situation difficile à la Plaza d’Alma, Jello musique a presque connu la faillite. «J’ai demandé aux propriétaires si je pouvais partir car je ne voulais pas fermer mon magasin. Je suis revenu aux Galeries où j’ai remonté la pente», souligne le disc jockey.

La clé: s’adapter

À l’ère du téléchargement en ligne, Jello Villeneuve affirme qu’il est difficile de survivre. «J’ai vu mon chiffre d’affaires chuter de 70 %. Il a fallu que je m’adapte, que je crée une spécialité à mon magasin: le service, le travail et le sourire». D’après le disquaire, il existe encore des gens qui refusent d’acheter sur Internet et qui veulent voir la personne derrière le comptoir, avoir un contact humain. «La force que j’aie, c’est que les gens peuvent m’appeler alors qu’aujourd’hui tout marche par Internet. Tu ne parles plus avec quelqu’un, tu parles à une machine», précise-t-il derrière son comptoir.

Dans son commerce, Jello musique ne s’est jamais senti en compétition, même lorsqu’un géant du disque est venu s’installer à proximité et qu’il a perdu les trois quarts de son chiffre d’affaires. Être dans sa bulle, c’est sûrement ce qui lui a permis de perdurer dans le monde du disque. Son magasin c’est son «bébé», c’est sa vie. «J’ai passé toutes les tempêtes qui ont secoué le monde du disque. J’ai vu tomber mes amis et de gros magasins de cinq étages à Montréal comme à New York.»

Photo: Fanny Mattias

Aujourd’hui, M. Villeneuve estime qu’il lui reste 30 % de vrais mélomanes. Jello musique reçoit des commandes de partout dans le monde, d’Ottawa à Montréal en passant par Paris ou encore New York. «Les personnes viennent les chercher ou je les envoie par la poste. J’ai des commandes, de partout de la région à l’international, tout simplement parce que j’ai des disques qu’on ne trouve plus ailleurs.»

Depuis que le vinyle est revenu en force en 2013, ça a propulsé les ventes. Selon le disquaire, le vinyle connait une deuxième vie grâce aux jeunes qui ont entre 20 et 35 ans car ils écoutent les bonnes vieilles musiques. «Si c’est une mode, je veux qu’elle dure encore longtemps. Maintenant, j’ai les enfants de mes tout premiers clients qui viennent acheter», conclut Jello Villeneuve avec un grand sourire.

À propos de Fanny Mattias

« Photographier c’est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu’elle tombe dedans à coup sûr, et on parle d’art ». Cette citation du chercheur, médecin et photographe, Pierre Movila décrit bien la passion de Fanny pour la photographie Curieuse et voyageuse accompagnée de son fidèle appareil photo, cette fille est originaire d’une petite île située dans le Pacifique Sud, la Nouvelle Calédonie. Elle a été photographe du Championnat du monde junior d’escalade (WYCH) en 2014, des Océanias d’escalade du Pacifique en 2012. Dernièrement, elle a travaillé pendant trois semaines dans le quotidien écrit de son île. Fanny s’intéresse à l’histoire, à l’art et aux potins. Mais elle a également des tendances sportives comme la natation, la plongée, l’escalade, les activités plein air et le gym. Ouverte d’esprit, elle est toujours à l’écoute des gens et aime parler de nombreux sujets pour continuellement apprendre. Elle souhaite étudier à l’université soit en kinésiologie, en développement durable ou psychologie. Par la suite, elle aimerait obtenir sa résidence permanente du Canada.

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