mardi , 19 février 2019
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Industrie du cinéma

Trop peu de femmes selon Renée Beaulieu

Brigitte Poupart dans le rôle principal du film Les Salopes ou le sucre naturel de la peau. Photos: courtoisie

Si les réalisatrices peinent à gagner aux Oscars et autres cérémonies du genre, c’est parce qu’elles n’occupent pas encore une place suffisante dans l’industrie du cinéma, même avec des mesures de parité. C’est le constat effectué par la réalisatrice et doctorante Renée Beaulieu, à la suite de son étude sur la place des femmes dans le cinéma québécois, que ce soit à la production, à la réalisation ou devant la caméra.

«À l’université, le rapport hommes/femmes dans les cours de production est de 50/50. Pourtant, lorsque l’on tombe sur le marché du travail, seulement 15 % des films sont dirigés par des réalisatrices. Les finissantes se butent à trop de résistance dans le milieu et se voient forcées d’abandonner», affirme Mme Beaulieu. L’organisme Réalisatrices Équitables a analysé que de 2002 à 2012, le pourcentage du financement accordé aux réalisatrices n’a pas augmenté, il est demeuré à 11 % à Téléfilm et 17,7 % à la SODEC.

Des rôles stéréotypés

Renée Beaulieu observe par ailleurs une surreprésentation des hommes et un «décalage entre la représentation du statut des femmes au cinéma, traditionnel et confiné à la sphère privée, par rapport à leur statut, plus émancipé et équitable, dans l’univers social québécois.»

Selon elle, «le cinéma est une expression de la société, encore stéréotypée.» Il répète les mêmes histoires, avec des personnages semblables, comme le rôle classique de la femme au foyer qui vit pour l’homme et ses enfants. Renée Beaulieu reproche à plusieurs films populaires québécois d’avoir placé la femme en personnage secondaire, peu développé et sans ambition personnelle, ce qui est tout le contraire de la réalité actuelle des femmes au Québec. «Le décalage, on ne le voit pas, car c’est difficile d’avoir un regard critique sur la culture qui nous construit, nous sommes imprégnés de cette culture.»

Pour Sophie GagnonBergeron, photographe et productrice chez Canopée Média, «notre regard et notre esprit critique est plus formaté au patriarcat qu’à des visions féminines».

Créer des films qui racontent des histoires de femmes écrites pour les femmes serait une des solutions pour améliorer la situation, soutient Renée Beaulieu. C’est pourquoi elle a décidé de mettre en scène une protagoniste qui explore la sexualité dans son nouveau film Les Salopes ou le sucre naturel de la peau, qui sortira en DVD le 12 février. «Je n’ai pas fait ce film pour provoquer, mais je savais que c’est l’effet qu’il aurait. C’est sûr que les idées dérangent quand elles ne sont pas partagées par la majorité des gens et qu’elles sont hors des normes sociales. Mais ce n’est pas une raison pour les garder pour soi.»

À propos de Michelle Nadeau

Fonceuse, la Saguenéenne Michelle Nadeau n’hésite pas à s’embarquer dans les projets stimulants qui se présentent à elle. La jeune femme est passionnée de culture, de plein air, d’alimentation et d’environnement. Ses expériences comme guide de via ferrata ou animatrice pour le programme Explore lui ont permis de développer son expression orale et son aisance devant un public. Elle amorce un retour à l’école en force après un voyage de cinq mois en Amérique du Sud. Les échanges interculturels ainsi que l’apprentissage d’une troisième langue étaient au cœur de cette expérience. Michelle adore apprendre chaque jour sur les gens qui l’entourent et leur réalité. Après cette troisième année d’ATM, elle envisage de poursuivre des études à l’université et de continuer à voyager. Côté loisirs, elle s’adonne à la pratique d’escalade sur roche, au volley-ball, à la course, à la planche à neige… tant qu’il y a de l’action !

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