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Sujets sensibles : les journalistes doivent être prudents

Certains médias minimisent les risques de traiter les sujets sensibles avec sensationnalisme. Le poids des mots peut avoir de lourdes conséquences.

Les faits divers sont une partie intégrante des médias d’information, et ce, depuis maintes années. Des sociologues ainsi que certains journalistes ont dénoté l’influence négative d’une présentation romancée de sujets sensibles tels les suicides, les attentats et les maladies graves.

Dans le cadre des Assises internationales du journalisme à Tours, deux articles portant sur un même sujet, soit l’histoire d’un couple d’octogénaires qui se sont enlevé la vie, ont été présentés au public afin de représenter les répercussions et l’interprétation qui diffèrent d’un texte à l’autre en raison des différents traitements.

Dans un premier cas, le journaliste a présenté le tout comme une touchante histoire d’amour digne d’un grand film d’Hollywood. Il a soutenu qu’il s’agissait d’un acte de courage et il a conclu l’article en employant « ensemble pour toujours ».

Dans l’autre article, le journaliste a été très factuel. Il a plutôt choisi d’expliquer comment les victimes avaient procédé. Il n’y avait pas de romance.

« Plus que c’est glorifié et présenté comme une solution à un problème, plus on les incite à passer à l’acte », explique celle qui est chargée du déploiement national du programme Papageno, Nathalie Pauwels.

Le programme Papageno a pour but de sensibiliser les journalistes quant au traitement de sujets plus lourds. Par exemple, lorsqu’il est question d’un suicide, il suggère de toujours laisser un numéro de téléphone ou une référence utile advenant qu’une personne aux prises avec des idées noires lise l’article.

Papageno vise et espère plus d’empathie de la part du milieu journalistique. « Les médias ne parlent que des sujets sensibles lorsqu’il y a du drame et que c’est attrayant. Ce n’est pas rare de voir du magasinage d’interviewés, on recherche quelqu’un d’attristé, de démuni et ça doit paraître à la caméra. Pourquoi ne pas parler du suicide d’un côté positif, d’une personne qui a réussi à s’en sortir? Ainsi, on pourrait influencer la société, mais cette fois positivement », supporte Mme Pauwels.

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