lundi , 21 octobre 2019
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L’art de dénoncer

L’art ne se résume pas qu’à créer. C’est l’un des meilleurs moyens de s’exprimer, de se faire entendre. Parfois, une œuvre parle d’elle-même. C’est le cas de celle de l’artiste Audrey McLean, qui dénonce avec brio la violence sexuelle chez les femmes. Elle rappelle que chacun d’entre nous ou presque connaît une personne à qui un ou des épisodes de violence est arrivé et à quel point la dénonciation est primordiale au sein de la société.

Le dévoilement de l’œuvre d’Audrey McLean présentant une femme victime de violence sexuelle a eu lieu le jeudi 19 septembre. Photo: Maëlie Perreault-Lajoie

Depuis quelques années, il y a davantage d’information et de sensibilisation sur le sujet. Mais y en a-t-il vraiment assez? Certes, les mentalités changent, les mythes sont démentis et les tabous n’en sont presque plus, pourtant il reste beaucoup de chemin à faire. Il est faux d’affirmer que le combat des femmes est achevé.

Encore aujourd’hui, une femme sur trois est victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie et malgré tout ce n’est qu’une femme sur dix qui dénoncera la violence subie, rapporte le Centre de prévention et d’intervention pour victimes d’agression sexuelle (CPIVAS). Ce n’est pas parce qu’une bataille est gagnée que la guerre l’est. C’est à se demander si le monde changera un jour.

Le dévoilement de l’œuvre touchante de l’artiste s’est fait le 19 septembre à la Place du citoyen de Chicoutimi et représentait une femme agenouillée victime d’agression sexuelle, cachant un lourd secret.

Combat du quotidien

La violence sexuelle n’est pas traitée à outrance. Au contraire, il faut en parler et c’est en discutant justement que les préjugés sont démystifiés. C’est pourquoi la lutte contre la violence faite aux femmes se doit d’être un combat du quotidien. Tant et aussi longtemps qu’il y en aura, le problème ne sera pas résolu et il vaudra toujours la peine d’être débattu en long et en large.

Car oui, il y a un problème. Considérant que sur un total de 28 700 plaintes d’agressions en 2018, moins de la moitié ont été rapportées, selon Statistique Canada, il semble que c’est loin d’être «réglé». Cela semble être l’affaire de tous sans exception, des femmes comme des hommes. Cela commence par une meilleure éducation sexuelle et de bonnes informations quant à la question du consentement, par exemple.

L’œuvre d’Audrey McLean sera exposée dans différents lieux du Saguenay afin de sensibiliser les gens.

C’est un projet qui restera marquant dans la région et continuera à créer une prise de conscience collective qui, espérons-le, mènera à davantage de dénonciations et à de moins en moins de violence.

À propos de Charlotte Côté-Hamel

Charlotte Côté-Hamel est née dans la grande métropole à l'aube d'un nouveau millénaire. Elle a grandi bercée par la musique et les mots, de son père musicien et de sa mère comédienne. Aujourd'hui âgée de 19 ans, elle a passé la majorité de sa vie à Alma, au Lac-St-Jean. Étudiante en ATM à Jonquière, elle n'est certes pas aller bien loin pour réaliser son rêve (même si elle adore voyager), mais le programme regroupait en une seule chose tout ce qu'elle aimait par dessus tout. Il s'avère qu'il n'était qu'à 45 minutes de chez elle, pratique. Son intérêt prononcé pour l'écriture, la musique, la lecture, l'histoire et la langue française l'anime à pousser toujours plus loin ses passions. Armée d'une chevelure indomptable, d'un petit côté nostalgique et d'une grande curiosité d'apprendre et de comprendre le monde qui l'entoure, elle espère un jour percer dans l'univers des communications.

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