lundi , 21 octobre 2019
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ll faut le voir pour le croire

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Lors d’une séance avec un client, la voyante allume des chandelles de couleur. Chaque couleur a une signification particulière.
Photo: Mariane Guay

Le client entre dans la petite pièce à l’éclairage tamisé par des chandelles et s’assied. Les premiers mots qui résonnent sont lourds de sens. «Ton grand-père est mort, n’est-ce pas? Je le vois depuis que tu es entré.» Devant lui, une voyante. Évidemment, elle ne s’est pas trompée. Elle se concentre. On entendrait une mouche voler. En fait, on entend le Tic-Tac de l’horloge. Et puis elle expose les difficultés qu’a eues le client dans ses études secondaires. Comment est-ce possible?

Mariane Guay

Mariane.14@hotmail.com

 Le monde de la voyance est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. De l’astrologie à la mythologie, en passant par les symboles et les rituels, rien n’est laissé au hasard… ou presque.

 

Il y a quelque temps, Marie-Laurence Bolduc, 18 ans, a pris un rendez-vous pour une consultation chez la Sorcière de novembre, basée au centre-ville de Chicoutimi. Elle commençait à s’intéresser à l’astrologie et avait quelques questionnements par rapport à son futur. Dans le stationnement, avant de rencontrer la voyante, la jeune fille était hyper stressée. Ses inquiétudes se sont rapidement dissipées lorsqu’elle a franchi la porte. «Je m’attendais à rentrer et à voir des potions magiques partout, mais non, la pièce contenait quelques objets spirituels, sans plus. Elle m’a impressionnée. Elle a commencé à tirer les cartes et elle m’a tellement bien décrite, bien mieux que moi je n’aurais pu le faire. Je capotais», avoue-t-elle, visiblement encore sous le choc de son expérience.

 

Cette voyante reçoit beaucoup de clients de 17-18 ans. Elle explique ce phénomène par son âge. Du haut de ses 25 ans, elle croit que les jeunes s’identifient peut-être mieux à elle. De plus, elle constate qu’elle rencontre un nouveau genre de clientèle, une clientèle qui pourrait éventuellement lui succéder. « Le phénomène que j’ai remarqué, c’est que plusieurs jeunes commencent à vivre des éveils spirituels et remarquent qu’ils ont des capacités particulières, qui sont à l’extérieur du monde matériel», explique-t-elle. Depuis le début de l’année, quatre personnes l’ont rencontrée pour cette raison, alors que jamais cela n’était arrivé auparavant.

 

Malgré son jeune âge, le profil de la Sorcière de novembre est bien garni. Elle se définit voyante, ce qui lui permettrait de voir le passé, le présent et le futur. Elle serait également passeuse d’âmes. De ce fait, elle aurait le don de faire passer les âmes de «l’autre côté» et de procéder à des «nettoyages énergétiques» dans les maisons, dit-elle. «Il y a deux semaines, je suis allée dans une maison à Jonquière où il y avait des entités qui faisaient claquer des portes et bouger des objets. Je m’en suis occupée. J’ai pris des nouvelles dernièrement et tout va bien depuis ce temps», a-t-elle mentionné sereinement, à la grande surprise de ceux qui écoutaient.

 

Il semble si difficile de croire à ces dons surnaturels, l’humain étant conditionné à penser rationnellement et scientifiquement. En fait, la voyance se soumet bien à l’expression « il faut le voir pour le croire ». Sur le sujet, la Sorcière de novembre explique qu’il faut vivre un moment avec une voyante pour comprendre ou apprendre à y croire. Il devient alors difficile de nier tous les faits véridiques qu’elle enchaîne.

 

Selon elle, l’humain gagnerait à s’intéresser davantage à la spiritualité, sans nécessairement en devenir fou. Prendre conscience des moments que nous vivons et de l’espace que nous habitons.

 

Hérédité?

 

La Sorcière de novembre a toujours su qu’elle avait un don. Son frère a également des dons particuliers qui le relie au monde de la voyance, explique-t-elle. Ce n’est pas un simple hasard. Bien qu’aucune affirmation ne soit vérifiée et vérifiable dans ce monde mystérieux, plusieurs sites et blogs de voyance mentionnent un fort taux d’hérédité. «Le don de voyance ou de médiumnité serait une faculté héréditaire à 90%. Ce constat est dû au fait que de nombreux cas ont été répertoriés sur plusieurs générations», est-il inscrit sur le populaire blog Médium Québec.

 

C’est un monde mystérieux, tout le monde y croit un peu, mais personne n’y croit vraiment. Pourtant, il est difficile de fermer les yeux sur ce que les voyantes «voient».

 

Séance terminée, la journaliste sort bouche bée et intéressée à y retourner.

À propos de Mariane Guay

Mariane est une étudiante originaire de Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean. Elle est d’ailleurs très attachée à sa région et à sa famille et échappe parfois un «lala ou un à cause». Tout comme l’athlète du même nom, Mariane a passé une très grande partie de sa courte vie à pratiquer le patinage de vitesse. Cette passion pour les sports s’est élargie au cours des années jusqu’à écouter religieusement chaque partie de hockey et de tennis sur le Réseau des sports. Elle compte poursuivre ses études à l’université après avoir obtenu son diplôme collégial.

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