samedi , 28 novembre 2020
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Qu’advient-il des microbrasseries?

Voici les répercussions de la Covid-19 sur l’industrie des microbrasseries au Québec. (Photo : Ophélie Babin)

C’est le 28 février 2020 que le gouvernement du Québec a officialisé le premier cas de coronavirus au Québec. Le 11 mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que l’éclosion de COVID-19 est devenue une pandémie. Une semaine plus tard, le Canada a annoncé une aide financière, par l’entremise du Plan d’intervention économique pour répondre à la COVID-19, pour les Canadiens et les entreprises aux prises avec des difficultés découlant de l’éclosion du coronavirus. C’est à partir du 22 mars que la courbe du Québec s’est envolée en flèche avec une augmentation de 409 nouveaux cas pour un total de 628. À compter du 24 mars, tous les commerces non essentiels ont dû fermer leurs portes, y compris les bars. Trois jours plus tard, le Canada a donné son soutien aux PME confrontées aux conséquences de la pandémie.

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a décidé d’exclure les bars des programmes d’aide pour encourager les petites ou moyennes entreprises (PME). Cette annonce a été faite le 27 mars 2020 lors du point de presse quotidien.

« Le fonds d’urgence mis en place, duquel les PME peuvent solliciter auprès des institutions financières un prêt sans intérêt de 40 000 $, ne s’adresse pas aux entreprises, dont 50 % et plus des revenus sont liés à la vente d’alcool. » – Justin Trudeau

Les bars font partie d’une liste d’exclus du programme de financement avec les : hippodromes, casinos, salles de bingo, prêteurs sur gage, prêteurs usuraires, établissements se ralliant au sexe, entreprises encourageant toute forme de haine ou de discrimination. (Source : Journal de Montréal)

Le copropriétaire de la Taverne Saint-Sacrement à Montréal, Pierre Thibault, s’est entretenu par téléphone avec Richard Martineau lors d’une entrevue à QUB Radio. L’entrepreneur dénonçait que les bars ne font pas partie des PME alors que la Société des alcools du Québec (SAQ) est considérée comme un service essentiel.

Pierre Thibault s’est permis de dresser une estimation de revenus engendrés par 20 bars de 100 personnes consommant pour 40 $ d’alcool sur l’avenue Mont-Royal. « Ça fait 80 000 $ qui sont injectés dans l’économie du pays pour une soirée. Sur un an, ça fait 4 millions $. Ça, c’est juste une strip à Montréal qui a 20 bars pour un samedi soir. »

Vous pouvez consulter l’entrevue complète ainsi qu’un article sur le sujet:

https://www.journaldemontreal.com/2020/03/31/le-proprietaire-du-saint-sacrement-denonce-quottawa-ne-veuille-preter-main-forte-aux-bars?fbclid=IwAR1slx_OVg_lCNMAGkNVczKj4i688uNP5dxIbOxancJyHGpB9tnaA5Pec7k

Toutes les microbrasseries traversent actuellement une période creuse, entre autres dû au fait qu’elles n’ont pas droit à l’aide fédérale. Toutefois, elles verront peut-être davantage la lumière au bout du tunnel lors de leur réouverture puisque la demande en bières de microbrasserie à de fortes chances d’exploser, ce qui soulagera bien des brasseurs. « [Avant la crise], l’offre est devenue trop grande pour la demande. Elle monte un petit peu chaque année, mais pas aussi vite que l’offre », explique le fondateur de la microbrasserie Les Frères Houblons, Frédéric Soubrier.

Par contre, la demande pourrait niveler l’offre dans quelques semaines. Au terme d’un déconfinement complet, ce sera nécessaire pour la population de retrouver les contacts humains. Et comme on peut le lire sur le site web de la microbrasserie La Compagnie, « dans une ambiance décontractée, on se rassemble entre amis pour jaser, rire un coup et boire une bonne bière artisanale. […] la bière est bien meilleure en bonne compagnie! ». Cette vision sociale des microbrasseries est un autre grand coup de pouce dont pourront bénéficier les brasseurs dans quelques semaines.

La microbrasserie La Compagnie mise avant tout sur l’ambiance de l’endroit pour enjoliver l’expérience du consommateur. (Photo : Ophélie Babin)

Au cours de cette crise mondiale, le premier ministre du Québec, François Legault, ne cesse de répéter qu’il faut acheter local afin d’aider les entreprises québécoises.

« Une des solutions pour survivre, c’est surtout de travailler son marché local. Ça fait en sorte que chaque place a sa microbrasserie », affirmait le copropriétaire de la Forge du Malt, Guy Lafrenière, avant même que la situation reliée à la COVID-19 éclate.

D’ailleurs, la relance de l’économie passera par l’achat local. C’est ce qu’a admis le premier ministre lors de son point de presse quotidien du 5 avril 2020. Pour aider les entrepreneurs du Québec à relancer leurs activités, le gouvernement Legault a mis en ligne le site web Le Panier Bleu qui a pour objectif de regrouper sur une même plateforme numérique les entreprises québécoises.

Dès 2021, les microbrasseries se devront d’être remise sur pied afin de prendre un virage vert, un enjeu qui a été quelque peu délaissé à cause de la COVID-19.

« À partir de mars 2021 on n’aura plus le droit aux étiquettes de plastique, il va falloir que ce soit des étiquettes d’aluminium ou des canettes imprimées. Le problème qu’on avait avec ça avant, c’est que ceux qui en fournissait demandait de produire de trop grandes quantités pour une seule sorte de bière. Mais maintenant avec les nouvelles compagnies qui apparaissent, on va pouvoir avoir des quantités plus précises », commente M. Lafrenière sur les nouvelles mesures exigées pour l’année prochaine.

Il est certes difficile de prévoir de quoi aura l’air la vie post COVID-19, mais une chose est sure : les entreprises québécoises devront se retrousser les manches afin de rattraper tous les profits perdus lors de la crise.

Le marché des microbrasseries fait partie de ce lot d’entreprises qui devront affronter une nouvelle réalité. Tout dépendant des ressources financières ainsi que de la fidélité de la clientèle qu’elles possèdent, certaines microbrasseries se remettront sur le droit chemin, mais d’autres, moins chanceuses, pourraient tomber au combat.

Comme l’a expliqué Guy Lafrenière, c’est un milieu extrêmement compétitif. « Il y a un jeu de sélection naturelle qui se fait. » Et cette affirmation sera encore plus véridique lorsque tout reviendra à la normale.

À propos de Alexandre Brière

Originaire de Québec, Alexandre est un jeune homme de 21 ans qui est mordu de statistiques sportives. Très curieux de nature, il a toujours soif de connaissances, principalement en sport et en histoire. Autant les sciences et les mathématiques le passionnaient au secondaire, aujourd'hui ce sont la caméra, la radio et le français qui cochent les cases de ses champs d'intérêt. Son objectif : faire carrière dans le monde de la télévision.

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