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Les suppléments alimentaires, de la poudre aux yeux ?

Le domaine des suppléments alimentaires est riche en information puisqu’il est la source de nombreuses recherches, de plusieurs études. Plusieurs avis se confrontent, plusieurs mentalités diffèrent.

Par Michaël Fréchette, Élie Duquet et Pierrick Pichette

Une pyramide de suppléments comme celle-ci peut facilement coûter des centaines de dollars à un athlète. (Photo: Élie Duquet)

La créatine, par exemple est sans doute l’un des suppléments les plus polarisants. Selon les recherches connues, rien n’indique qu’en consommer représente un réel danger, et pourtant les mythes et le malaise par rapport à ce supplément persistent. Certains le supportent, d’autres le contredisent. Se renseigner adéquatement devient donc primordial, mais qu’en devient-il lorsque les experts se contredisent entre eux?

La rencontre de deux spécialistes en la matière, les nutritionnistes-diététistes, Malorie Munger et Catherine Lepage reflète bien cette situation.

«Les protéines, les glucides et les lipides sont tous des nutriments qui ont des apports énergétiques. Tout ce qui est consommé en trop se transforme en gras. C’est une fausse croyance de penser que l’humain va seulement rejeter de la protéine en poudre consommée en trop. En réalité, ça se transforme en gras», a soutenu Malorie Munger lors de sa rencontre.

Quant à Catherine Lepage, son verdict ne va pas dans le même sens. «C’est sûr et certain que, chez une personne moindrement active, le corps va utiliser, d’une façon ou d’une autre, le surplus de protéines. Il ne veut pas le gaspiller, car c’est un nutriment essentiel. Ce n’est pas vrai que ça devient obligatoirement du gras.»

Ainsi, parcourir différentes sources de milieux distincts permet de se faire une tête et d’établir une tangente finale. Il ne faut pas exclure le fait que c’est une industrie qui offre du rêve, qui offre des solutions dites rapides pouvant avoir une valeur inestimable aux yeux des gens qui sont prêts à tout et qui, par conséquent, deviennent vulnérables.

Une posologie accompagne habituellement chaque type de supplément, mais il demeure important de rester aux aguets en ce qui a trait à ces recommandations. Les détaillants de créatine, par exemple, vont suggérer une semaine de chargement pendant laquelle 20 grammes par jour sont conseillés. Par la suite, dans la phase de maintenance, une consommation de cinq grammes par jour est proposée.

Pourtant, aucune étude ne prouve l’efficacité de cette surcharge initiale et plusieurs experts, dont le pharmacien et consultant Jean-Yves Dionne, s’entendent pour dire que cette promotion n’est en fait qu’une façon d’augmenter les ventes de créatine.

Les suppléments, pas pour n’importe qui

À la suite des différentes rencontres avec le préparateur physique des Saguenéens de Chicoutimi, Gino Roberge, le kinésiologue Guillaume Simard et les nutritionnistes-diététistes Malorie Munger et Catherine Lepage, il a été observé que, trop souvent, les suppléments sont utilisés à mauvais escient.

Lors des tournages de notre équipe dans les différentes salles d’entraînement de la région, le constat a été frappant. Énormément de personnes utilisent des suppléments comme trousse de départ et, pourtant, comme le mentionne Malorie Munger, seuls les athlètes ou les gens qui s’entraînent à haute intensité devraient y avoir recours.

«Par exemple, la glutamine et les BCAA sont prouvés comme étant efficaces, mais jusqu’à un certain point. Il faut avoir des entraînements assez intenses et être à un niveau avancé pour dire que ça en vaut la peine de les consommer.»

Selon le préparateur physique des Saguenéens de Chictoumi, Gino Roberge, les joueurs n’ont recours qu’à des BCAA et à de la protéine. Pourtant, ce sont des jeunes âgés entre 16 et 20 ans qui s’entraînent à haute intensité et qui voyagent énormément lors des parties sur la route. Si eux n’en ont pas besoin, est-ce que la personne qui s’entraîne deux à trois fois par semaine en a réellement besoin?

«Mon opinion est que la majeure partie des personnes qui s’entraînent et qui ont un mode de vie actif et sain n’ont pas nécessairement besoin de suppléments alimentaires afin d’augmenter leurs performances», a expliqué Gino Roberge.

Les athlètes ont souvent bien peu d’informations sur les produits qu’ils consomment en lien avec leur entraînement. (Photo: Élie Duquet)

Établir ses besoins, plus qu’important

Selon le kinésiologue, Guillaume Simard, trop souvent les gens sont pressés et ne prennent pas le temps d’établir leurs besoins. Pourtant, à son avis, il s’agit d’une étape cruciale.

Ainsi, avant d’entamer un programme d’entraînement sérieux, avant de se procurer des suppléments alimentaires, il faut déterminer les macronutriments d’une personne, généralement appelés macros dans le jargon.

Les macros regroupent les glucides, les protéines et les lipides. En fonction des objectifs de chaque personne, les pourcentages de ces trois groupes vont varier. Quelqu’un qui sou

haite être très musclé et faible en gras verra un plus haut pourcentage en protéines et un plus bas en lipides et glucides.

Généralement, une alimentation saine et équilibrée résulte en une répartition de 50 à 65% en ce qui a trait aux glucides, 15 à 25% pour les protéines et, finalement, 20 à 30% en ce qui concerne les lipides. Une fois que cette répartition est atteinte, il est possible d’établir si oui ou non des suppléments sont nécessaires. Chez un athlète qui brûle trop de calories pour atteindre ces pourcentages, oui. Pour toute autre personne, c’est inutile.

À propos de Pierrick Pichette

Pierrick Pichette
Malgré son format mini, Pierrick est un jeune homme au coeur grand comme l'univers. Depuis maintenant 19 ans, il possède en lui une passion grandissante pour la communication sous toutes ses formes. Originaire de Louiseville en Mauricie, il a toujours adoré s’impliquer dans sa communauté. C'est lorsqu'il n'était qu'un enfant que Pierrick a commencé à chérir le rêve de faire carrière en journalisme ou dans un tout autre domaine connexe. Afin de se donner les moyens de ses ambitions parfois démesurées, il étudie l'art de la communication à Jonquière depuis 2017. De plus, durant la dernière période estivale, il a eu la chance d'oeuvrer comme journaliste au quotidien trifluvien Le Nouvelliste. Il va sans dire que Pierrick est motivé comme jamais en vue de sa toute dernière année de scolarité en sol jonquiérois.

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