mercredi , 27 janvier 2021

COVID-19 : repenser sa vie en temps de pandémie

La COVID-19 a bouleversé de nombreuses vies au cours de l’année 2020. Les jeunes au début de la vingtaine qui étaient censés rentrer clés en main dans la vie active ont vu leurs projets mis en attente, et comme tout le monde, ils ont dû faire volte-face pour s’adapter.

Laurie Fortin en a profité pour combler son envie de voyage en faisant du tourisme local. Elle s’est lancée dans la route des vins, en Estrie.

Finir ses études, avoir un nouveau travail, un nouvel appartement, une envie de voyager… Toutes ces étapes font un jour partie de la vie de chacun. Elles représentent un tournant vers la vie d’adulte, une façon de s’émanciper de la vie d’adolescent et de prendre son envol. Mais la pandémie a freiné les espoirs des jeunes actifs, qui ont vu peu à peu leurs projets prendre l’eau, sans pouvoir rien n’y faire.

Cette situation donne naissance à une forme d’appréhension, « Est-ce que j’aurais assez de temps pour faire tous mes projets ? », se questionne la coordinatrice aux communications et au marketing d’un festival de la région, Laurie Fortin. La jeune femme de 25 ans a terminé sa formation en Art et technologie des médias (ATM) en 2015 et s’est lancée sur le marché du travail, tout en mettant de l’argent de côté. Elle a vu ses projets de voyage peu à peu anéantis par la pandémie. J’ai beaucoup de projets en tête en lien avec le voyage, le travail ou l’humain, raconte Laurie Fortin. Je veux aller passer un été entier en Gaspésie, aller travailler à l’étranger pour un contrat, habiter dans l’Ouest canadien pour faire du snowboard », continue-t-elle, un peu découragée. « Je stresse parce que le temps passe vite… », finit par confier la jeune femme.

Le temps qui passe

Les questionnements qui reviennent le plus souvent se rapportent au temps. Le temps d’accomplir des projets, le temps de rencontrer quelqu’un, le temps de réaliser ses rêves avant d’être enfermé dans le carcan d’une vie familiale bien rodée. Cette dernière option est bien souvent éloignée des préoccupations des jeunes actifs. « Je veux réaliser mes projets et pour ça, c’est certain que c’est préférable d’être libre », assume Laurie Fortin. Une tendance qui se confirme chez les jeunes femmes. « J’ai encore trop de projets professionnels à réaliser, explique la chargée de mise en ligne pour un journal à Sept-Iles, Ophélie Babin, et je n’ai pas encore réalisé mes rêves. En plus, je me vois mal élever des enfants dans la société actuelle. »

Après l’obtention de son diplôme en ATM, Ophélie Babin ne voulait pas aller à l’université. La Septilienne avait un projet clair : ramasser de l’argent pour devenir nomade numérique et aller explorer le monde, faire de la pige, entretenir des réseaux sociaux ou faire de la traduction. Mais la pandémie a également affecté ses plans.  « Je ne me voyais pas sédentaire avant une dizaine d’années », confie la jeune femme de 22 ans.

La pandémie l’a alors obligée à revoir ses projets « Au début je me suis dit que j’allais faire un BAC en évènementiel. Puis je me suis dit : “Ophélie, ce n’est pas la meilleure idée que tu aies eue“, alors je pense me tourner vers un BAC en relations industrielles », sourie-t-elle.

Ophélie Babin fait du télétravail dans le confort de la maison familiale. En attendant, elle met des sous de côté en espérant pouvoir un jour partir en Europe.

Les voyages forment la jeunesse

Parmi les projets annulés à cause de la pandémie figurent le plus souvent les voyages. « Le besoin de voyage fait partie de la structuration des études », explique le professeur de sociologie de l’UQAC, Romuald Jamet. Un besoin qui s’explique par l’envie de rencontrer l’autre, de ne plus être enfermé dans un quotidien, une routine. « Ce besoin se fait encore plus ressentir avec la pandémie qui nous enferme dans une quotidienneté. »

Pour Romuald Jamet, la pandémie et les nouvelles formes de travail (télétravail, travail intermittent, etc.) pourraient aboutir sur « une nouvelle génération d’individus plus autonomes dans l’organisation et la manière de gérer leur vie ». Si jamais la pandémie s’étend sur plusieurs années, le fait de faire du télétravail, par exemple, pourrait donner davantage d’emprise aux jeunes sur la gestion de leur quotidien.

À propos de Solveig Beaupuy

Solveig Beaupuy
Originaire de France, Solveig est une bretonne pure souche de 25 ans. Si vous lui demandez où se trouve le Mont Saint-Michel, elle vous répondra : « En Bretagne », question de fierté. Après quatre ans d’études en Lettres à l’université, elle s’est dit qu’elle n’en avait pas assez, et a voulu ajouter trois années de plus en ATM. Frileuse face au froid, mais déterminée à devenir journaliste, elle est venue s’établir au Québec et compte bien y rester. Ce ne sont pas les températures extrêmes qui la feront partir, le mauvais temps, elle connaît. Véritable artisane du verbe et amatrice de poésie, son péché mignon, c’est manier les mots, les structures de phrases et les synonymes. Sportive à temps partiel, débrouillarde, têtue et avec un sacré caractère, Solveig a toujours su montrer sa ténacité en travaillant pendant ses études. Forte d’une expérience de plusieurs mois dans le journal de sa ville, elle sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut pas, mais toujours en se remettant en question quand il le faut. Apprendre et découvrir sont ces crédos. Aventurière dans l’âme, elle aime repousser ses limites et voyager.

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