dimanche , 18 avril 2021

Mesdames, prenez-place

À moins d’un an des élections municipales, L’Union des municipalités du Québec a lancé la campagne « D’Elles à Élues » qui a pour objectif d’atteindre des conseils municipaux paritaires. Un objectif louable, mais est-ce réaliste d’espérer que plus de femme briguent les suffrages alors qu’elles sont les plus touchées par la pandémie?

Si les femmes représentent 50 % de la population du Québec, elles n’occupent actuellement que 34 % des postes de conseillères municipales et 18 % des postes de mairesses. D’une élection à l’autre, le nombre de femmes présentes sur la scène politique municipale augmente d’environ 2 %. À ce rythme, il faudra encore 60 ans pour que 50 % des villes aient une représentante féminine à leur mairie.

Mais cette augmentation risque d’être freinée aux élections municipales de 2021 compte tenu des impacts de la pandémie qui sont disproportionnés sur les femmes. Selon l’Observatoire québécois des inégalités, les femmes seraient plus nombreuses à avoir perdu leur emploi, vivraient plus d’inquiétudes financières et subiraient davantage de détresse psychologique que les hommes en raison de la COVID-19. D’ailleurs, depuis le mois de mars, plusieurs femmes ont dû quitter leur emploi pour pouvoir s’occuper de leurs enfants.

De plus, la charge mentale, déjà lourde pour les femmes, est accentuée. La charge mentale, c’est tout le travail de gestion, d’organisation et de planification qui touche plus particulièrement les mères de famille. La prise de rendez-vous médicaux, les anniversaires, les listes d’épicerie, les horaires de douches et de devoirs; toutes ces tâches invisibles que font les mamans sont souvent sous-estimées.

En temps de pandémie, il faut ajouter à cette liste, déjà exhaustive, une tonne de tâches : l’école à la maison, le lavage des mains, le télétravail et la liste est encore longue.

Malgré toutes les difficultés auxquelles sont confrontées ces femmes, souhaitons qu’elles soient nombreuses à se présenter aux élections municipales prochaines si ce n’est que pour apporter une vision différente et pour défendre les intérêts des femmes lors de prises de décisions.

Certains hommes sont même disposés à leur laisser leur place, dont le conseiller de l’arrondissement de La Baie, Éric Simard. « Je suis certain que s’il y avit plus de femmes, la ville se porterait mieux », a-t-il déclaré au journal le Quotidien. Difficile de le contredire, alors place aux femmes!

À propos de Ophélie Bonenfant

Ophélie Bonenfant
Ophélie Bonenfant, originaire de la région de Lanaudière, est habitée par un besoin incessant de tout savoir et de tout faire comprendre aux autres. Adepte de l’information à temps plein et passionnée par la complexité de la langue française, elle s’est frayé un chemin jusqu’au Cégep de Jonquière en ATM où elle complète actuellement ses études en journalisme. Très près de ses émotions, Ophélie est une jeune femme authentique et déterminée qui ne fait jamais les choses à moitié et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Si elle aspire à un avenir en tant que journaliste judiciaire, c’est d’abord et avant tout parce qu’elle chérit l’idée que ce qui se passe dans l’ombre doit être révélé pour veiller aux intérêts de la société.

À voir aussi

Faisons partie de la solution

(COMMENTAIRE) Francophones, arrêtons de faire des Lords Durham de nous-mêmes. Pendant des siècles nous nous …