Politique municipale: quand les femmes s’invitent au « boys club »

La politique municipale n’est pas épargnée par le double standard homme-femme et le « boys club ». Les mairesses de Saguenay et de Saint-David-de-Falardeau, Josée Néron et Catherine Morissette, avouent avoir fait face à ces obstacles.

 La députée libérale Isabelle Melançon a récemment accusé François Legault  de diriger un gouvernement de « boys club » et de « mon’oncles » en expliquant que certains de ses ministres hommes ont eu droit à des traitements de faveur. Selon elle, jamais des femmes n’auraient pu avoir accès à ces privilèges.

Dans la région, Josée Néron avoue avoir été aux prises avec ce « club de garçons » avant son premier mandat en tant que première mairesse de la Ville de Saguenay. « J’ai vécu le “boys club” pendant l’ancienne gouvernance. » Des commentaires désobligeants à l’égard de son sexe, elle en a eus plusieurs. « On m’a déjà dit que je serais plus utile dans ma cuisine. »

 Deux poids, deux mesures

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, affirme que le double standard est très présent autant dans le quotidien que dans la sphère politique. « Une femme qui est déterminée, on la considère hystérique, mais un homme qui l’est, on dira de lui qu’il est passionné », donne-t-elle à titre d’exemple.

Josée Néron se dit elle aussi victime d’un traitement différent en raison de son sexe. Comme Catherine Morissette, elle avoue avoir entendu plusieurs commentaires qui félicitent l’homme, mais qui dégradent la femme. Elle ajoute aussi que parfois, les femmes dans le monde politique ne se font pas poser les mêmes questions qu’on pourrait poser à un homme. « On se fera occasionnellement questionner sur des éléments qui portent sur notre sexe alors qu’on est tout aussi capables que les hommes de discuter d’économie ou de gouvernance. On a la capacité de couvrir tous les domaines. »

Mme Morissette souligne le fait qu’une des meilleures manières de lutter contre les doubles standards et la condescendance envers les femmes, est de ne pas avoir peur de mettre son poing sur la table et d’ouvertement partager son désaccord. Ne pas avoir peur de dire non, est un de ses nombreux conseils.

Pour la mairesse de Saint-David-de-Falardeau, il est d’abord question de capacités.« On ne devrait pas se baser sur les sexes, mais plutôt sur les compétences et le potentiel qu’une personne a à offrir », explique-t-elle en ajoutant que la parité dans les instances décisionnelles ne devrait pas tout guider.

Les femmes encore réticentes

Il est prouvé que la femme a, encore aujourd’hui, plus de responsabilités familiales que l’homme. La pandémie n’a fait qu’accentuer leur charge mentale En politique, Josée Néron admet que le travail gruge beaucoup de temps. Un élément important, selon elle, est le support familial. « La première chose à savoir avant de se lancer en politique, c’est de s’assurer que notre famille nous supportera, peu importe », avise-t-elle. Cependant, elle estime que les femmes devraient tout de même persévérer et se lancer.

Catherine Morissette va également dans ce sens en invitant les femmes à tenter leur chance. « Il faut le faire, il faut au moins l’essayer puisqu’on se découvre de nouvelles capacités. Les femmes ont du gros bon sens et il en faut en politique. »

Photos: courtoisie et Ville de Saguenay
Les mairesses de Saint-David-de-Falardeau (gauche) et de Saguenay (droite), Catherine Morissette et Josée Néron, invitent les femmes à prendre leur place sur la scène politique.

 

 

 

 

 

À propos de Kenza Chafik

Kenza Chafik
Kenza Chafik, originaire du Maroc, vit au Québec depuis toujours. Ayant voyagé avant même de commencer à marcher, elle a toujours su qu’être correspondante à l’étranger allait l’intéresser. Très curieuse, elle se doit toujours de trouver les réponses à ses questions. Elle dévore ses livres et écoute attentivement ses films en écartant jamais la possibilité d’être critique littéraire ou cinématographique. C’est dès son secondaire, en écrivant pour le journal de son école, qu’elle a réalisé que le cours de journalisme en Art et technologie des médias était fait pour elle. Elle ne s’est pas trompée, puisqu’elle ne cesse jamais de s’épanouir. Entre deux films et une série télé, Kenza se rend à ses cours pour qu’un jour elle puisse être aussi talentueuse que Céline Galipeau, son idole.

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