Assemblées étudiantes des cégeps : vraiment représentatives ?

La chargée à la promotion et à la mobilisation de l’AGEECJ, Marie Lebrun, soutient que certains étudiants ont moins d’intérêt pour les assemblées étudiantes en raison de leur manque de connaissances quant à leur utilité. Photo: Rosie St-André

Ce sont seulement 3 % des étudiants du Cégep de Chicoutimi qui ont participé à l’assemblée générale annuelle de leur association en septembre, tandis que le Cégep de Jonquière a atteint le nombre minimal de 50 personnes de justesse pour tenir la sienne l’automne dernier. Les membres des conseils exécutifs concèdent que la représentation des étudiants pourrait être meilleure.

« J’aurais tendance à dire que ce n’est pas le portrait le plus juste, mais que ça donne quand même une bonne idée de l’opinion étudiante », émet le président de l’Association Générale des Étudiantes et Étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC), Émile Simard. Avec le contexte actuel, les assemblées se tiennent en ligne, ce qui ne motive pas les jeunes adultes à participer.

Selon la conseillère à la vie étudiante du Cégep de Chicoutimi, Kathy Lapointe, même si peu de jeunes adultes se joignent aux assemblées, les différents programmes sont bien représentés. « Si, par exemple, il y a 25 participants, mais qu’il s’agit de 25 personnes de programmes différents, le responsable du programme va aller chercher le pouls des autres pour bien défendre leurs points », affirme-t-elle.

En octobre, l’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Jonquière (AGEECJ) n’a pas atteint le quorum de 50 personnes pour tenir son assemblée générale d’ouverture, équivalant à 1,6 % des élèves de l’établissement. Elle a dû en prévoir une deuxième, à laquelle environ seulement 60 étudiants ont participé.

Le nombre de gens présents varie beaucoup en fonction des sujets abordés. « Par exemple, cette année on a eu [le festival] De l’Âme à l’Écran. Beaucoup d’étudiants d’Art et technologie des médias sont venus à l’assemblée pour voter en faveur du projet, mais les autres programmes ne s’impliquent pas vraiment, donc ce n’est pas nécessairement représentatif », explique la chargée à la promotion et à la mobilisation de l’AGEECJ, Marie Lebrun.

Les associations étudiantes ont un poids important pour la défense des idées auprès de la direction des établissements ainsi qu’au plan municipal, notamment par le biais de manifestations qui peuvent être organisées. Photo : Rosie St-André

L’Association étudiante du Cégep de Saint-Félicien (AECSF) n’a pas réussi à faire d’assemblées cette année, car le quorum de 4% n’était pas atteint lors des tentatives. Ce pourcentage équivaut à environ 40 élèves. De plus, ce sont souvent les mêmes personnes de la même technique qui se présentent aux assemblées. « Je dirais que c’est représentatif de ceux qui veulent s’impliquer », rapporte la coordonnatrice en environnement de l’AECSF, Éliane Dallaire.

Pour le Collège d’Alma, la pandémie a fait en sorte qu’aucun conseil exécutif n’a été formé cette année au sein de leur association. Les services offerts étant principalement l’organisation d’activités, notamment pour du financement pour les stages et les voyages, il n’y avait aucun intérêt à tenir des élections. Elle espère toutefois reprendre ses fonctions dès que la situation le permettra.

Conflits d’horaire

Les étudiants du Cégep de Jonquière évoquent les conflits d’horaire entre leurs cours et les assemblées. Une étudiante en Sciences de la nature, Sabrina Villeneuve, n’a pas pu participer à celle de l’automne, car l’un de ses cours se donnait à la même heure. « Je pense que les assemblées générales sont importantes pour les gens qui veulent s’impliquer, c’est leur chance de pouvoir le faire », soutient-elle.

Anthony Levesque trouve le processus trop complexe pour y participer, mais comprend l’importance d’une association au cégep. « Elle permet à tous les programmes de se rassembler pour faire valoir leurs opinions », déclare-t-il. Mallory Petiquay, quant à elle, n’était pas informée de l’existence de ce système au sein de son établissement d’enseignement.

Le coordonnateur aux affaires internes, Clovis Valade, et le président de l’AGEECC, Émile Simard, au congrès de la Fédération étudiante collégiale du Québec. Photo: Facebook de l’AGEECC

D’une grande importance

Malgré la faible participation des cégépiens aux assemblées, les associations s’entendent pour dire que le système se doit d’être conservé au sein des collèges. Au Cégep de Chicoutimi, plusieurs solutions sont mises en place pour inciter à la participation. « Parfois, on fait tirer des prix de présence, comme des certificats-cadeaux pour les centres-villes de Saguenay. On met beaucoup l’accent sur le fait qu’il s’agit d’un devoir de venir voter et de la sensibilisation est faite à travers des tournées de classes, explique le président de l’AGEECC. L’an passé, il y a également eu des levées de cours pour libérer les élèves ».

« Je trouve ça extraordinaire de voir des étudiants qui se posent des questions ensemble, qui réfléchissent ensemble et qui finissent par trouver des solutions. Tu vois vraiment que les gens se conscientisent et c’est comme ça peut-être qu’on finit par devenir des citoyens engagés dans notre communauté », conclut la permanente de l’AECSF, Alix Charron.

À propos de Rosie St-André

Rosie St-André
Autant elle est énergique et expressive, autant Rosie St-André est une jeune femme organisée pour qui le souci d’un travail bien fait est important. Originaire de Joliette dans Lanaudière, les communications la passionnent depuis son jeune âge. En effet, les caméras et les micros ne lui font pas peur : elle possède une chaîne Youtube depuis l’âge de 13 ans. Au secondaire, elle a également eu la chance de co-animer une émission de radio à la station de sa ville, le M103,5. Avec plus d’une corde à son arc, Rosie veut continuer de découvrir toutes les facettes du monde des médias. Les sujets d’actualité la font vibrer et lui donnent envie d’en apprendre toujours plus sur le monde dans lequel on vit. Que ce soit la politique, la culture, l’environnement ou les faits divers, elle est toujours allumée par ce qui lui est proposé. Son but en tant que journaliste ? Informer la société sur les différents enjeux qui l’entourent tout en donnant une voix aux citoyens.

À voir aussi

Lancement de la campagne de financement Festivalma

  Après une pause d’un an en raison de la pandémie, Festivalma a lancé sa …