dimanche , 11 avril 2021

Bouger avec son compagnon à fourrure

Christine Lafont et sa chienne Eska pratiquent les sports canins d’attelage depuis deux ans. Photo : DanielT

Que ce soit dans les rues, les parcs ou les sentiers pédestres, chiens et humains se lient (littéralement) pour une séance d’entraînement unique en son genre. Depuis une dizaine d’années, le sport canin d’attelage intrigue toujours plus les adeptes de sports et d’animaux. Un monde de possibilités, où tous peuvent trouver chaussure à leur pied.

L’ancien vice-président de la Fédération québécoise des sports canins attelés, maintenant Mushers et athlètes canins du Québec, Jean Barbare, a bel et bien remarqué cette hausse de popularité au cours de la dernière décennie. « Les gens ont une meilleure connaissance de ce loisir et de ses variantes», explique l’homme.

  L’éducatrice comportementale canine, Fanny Mahingan partage son avis. « Il y a dix ans, on était une poignée. Dans les trois dernières années, on a pu observer une accélération et encore plus durant la pandémie », affirme l’éducatrice. Elle a également constaté que le cani-cross et la cani-randonnée se démarquent du lot. Pour le cani-cross, le maître court, relié au chien par une corde de bungee. Quant à la cani-randonnée, même principe, mais l’activité se déroule à la marche et généralement en forêt. « Les gens veulent juste se mettre en forme et bouger avec leur chien », déclare celle qui compte maintenant trois chiens à la maison.

Accessible et peu coûteux

Il n’est pas nécessaire d’avoir 15 gros huskys entraînés pour se mettre au sport d’attelage, loin de là. Pour le cani-cross ou la cani-randonnée, le chien de maison, petit ou grand, est amplement suffisant, toujours selon les capacités de l’animal. Pour la pratique, il faut un harnais adapté, une ligne bungee, une ceinture, un chien, des vêtements de sport et le tour est joué. « Pour moins de 200 $, on peut se procurer un bon équipement, qui dure longtemps », assure l’éducatrice. 

Toutefois, pour ce qui est du skijoring, où l’humain est tiré par le chien sur des skis, ou la trottinette à neige, un engin qui s’apparente à un traîneau mais en plus petit et plus léger, les coûts peuvent varier.

Formation nécessaire ou non?

Il semble régner deux écoles de pensées dans cet univers canin. Fanny Mahingan est d’avis qu’il y a tout de même une base à acquérir. L’animal, par défaut, ne va pas courir devant son maître, il faut lui apprendre. « N’importe qui peut dire : je m’en vais courir avec mon chien. J’en vois plein. Toutefois, il y a des risques, il y a des blessures », ajoute-t-elle. 

Pour sa part, Christine Lafont, qui pratique depuis deux ans, n’a pas suivi de formation particulière. « Je m’étais énormément renseignée par moi-même. Je suis allée à des rencontres, à des compétitions et là aussi, j’ai beaucoup appris », fait-elle valoir. Skieuse accomplie depuis 20 ans, elle a toutefois voulu prendre un cours de skijoring pour aider au mieux sa chienne husky de trois ans, Eska, qu’elle a récupérée à la SPCA de Jonquière.

Plus qu’un sport

Bon nombre de gens peuvent être en désaccord et voir ces pratiques comme de l’abus. Aux plus réfractaires, la présidente du club régional Sports à-Traction Canins, Annie-Pier Bouchard, leur répond de venir voir et d’essayer. « Les chiens aiment ça et sont contents de bouger. Lorsqu’on sort les skis ou les harnais, ils le savent. Ils sont fébriles », confie-t-elle. Elle ajoute toutefois ne pas pousser ses chiens à l’extrême. Ainsi, ses animaux sont entraînés deux à quatre fois par semaine, lors de la grosse saison, à l’hiver. L’été, ils sont au repos et font des activités dites plus tranquilles. « Je préfère de loin voir des chiens qui vont tirer et courir que des chiens qui font du divan et sortent une fois par semaine », conclut la dame en riant, entourée de ses huit chiens.

 

Véritable passionnée, la championne québécoise de skijoring considère les sports canins comme un mode de vie. Lorsqu’elle n’est pas au travail, elle s’occupe de ses chiens avec sa petite famille. Ils y investissent beaucoup de temps et d’énergie afin d’offrir à leurs bêtes la meilleure vie possible. La joyeuse bande poilue vit d’ailleurs dans la maison familiale, avec un enclos dans le garage. 

 

Annie-Pier Bouchard et sa chienne Chelby en pleine pratique du cani-cross. Photo : DanielT

À propos de Marianne Lesage

Marianne Lesage
Au primaire, contrairement à ses amies qui souhaitaient toutes devenir infirmières ou vétérinaires, Marianne voulait devenir journaliste. Ce rêve l’accompagne durant tout son secondaire sans toutefois que ce soit concret. Quelques années plus tard, elle fait le grand saut, laisse ses deux chats derrière elle et quitte Terrebonne pour aller étudier en ATM à Jonquière. Passionnée depuis longtemps par les crimes et les mystères en tout genre, elle désire poursuivre dans le journalisme d’investigation. Elle veut poser les questions qui dérangent et informer la population. Elle aime en apprendre plus sur à peu près tout. Que ce soit à Montréal, près de chez elle, ou dans les régions éloignées, Marianne est prête à relever tous les défis qui s’offrent à elle.

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