jeudi , 23 septembre 2021

La santé surpasse les prix élevés

On entend souvent dire que bien manger coûte plus cher. Bien avant le début de notre expérience, c’est aussi ce que nous croyions. Mais qu’en est-il réellement? Est-ce qu’on se ruine vraiment lorsqu’on adopte une alimentation saine?

Pour mener à terme notre expérimentation, qui consistait à adapter notre alimentation selon les normes du guide alimentaire canadien sans se permettre aucun écart, nous avons dû changer drastiquement notre parcours à l’épicerie. Habituellement, la section des fruits et légumes n’était qu’un obstacle à éviter à tout prix, alors que les surgelés étaient comme un deuxième chez nous.

Durant le mois de février toutefois, nous devions remplir nos assiettes à moitié de fruits et légumes. Autant dire qu’un déménagement était de mise. Cela ne venait pas sans frais cependant. Selon une étude menée par la prestigieuse Université Harvard, bien manger, de manière moins extrême que durant l’expérience, coûterait environ 45$ de plus par mois. Cela s’explique par le prix plus élevé des aliments tels que les fruits, légumes, poissons et noix, qui sont tous des piliers du guide alimentaire canadien.

C’est ce que deux membres de l’équipe, Anthony Ouellet et Philippe Chabot, ont remarqué. En effet, leurs portefeuilles se sont bien plus allégés durant le mois de l’expérience comparativement à un mois « normal ». Durant la période du 14 octobre au 11 novembre 2020, Anthony et Philippe ont dépensé respectivement 327,72 $ et 290,96 $. Ces montants ont augmenté à 400,58 $ et 306,65 $, représentant des augmentations de 73 $ et 16 $. En moyenne, c’est donc 44,5 $ de plus que nos deux cobayes ont investi en nourriture, ce qui se rapproche des chiffres de l’étude.

Ils auraient toutefois pu être plus prudents avec leur portefeuille. Ils n’ont pas utilisé les solutions optimales pour couper les coûts.

« L’idéal est toujours d’aller vers le vrac. On a moins de pertes, ça revient moins cher et ça permet d’acheter des petites portions qui normalement reviendraient plus cher en grosse quantité », mentionne l’agente à l’administration de l’épicerie Halte-ternative, Kim Lavoie-Dufour.

Les aliments en vrac sont souvent moins dispendieux.
On retrouve la plupart des rabais dans les circulaires des différentes épiceries.

La course aux rabais est aussi une pratique commune chez plusieurs consommateurs aguerris. Les gens, qui utilisent cette méthode, repèrent les rabais dans toutes les épiceries à proximité. Ils se réservent donc une journée complète pour effectuer ce parcours périlleux. Les économies d’argent sur la nourriture sont considérables. Le seul hic, ces économies peuvent être contrebalancées par le coût de l’essence nécessaire à la réalisation de cet exercice. Propriétaire de Ford F-150 : prenez garde.

 

La facilité, ennemi #1

Tout autre son de cloche du côté des deux autres testeurs, Jérémie Camirand et Félix Laroche, alors que leurs dépenses en nourriture ont chuté drastiquement. Durant les deux mêmes périodes mentionnées ci-haut, Jérémie a payé quelque 300 $ de moins, passant de 638,19 $ à 324,05 $, et Félix a soustrait non loin de 90 $ de dépenses, allant de 514,12 $ à 428,87 $. L’explication derrière ces chiffres hors-normes se trouve dans l’habitude qu’avaient les deux garçons à se faire livrer du restaurant à outrance. Mais comment se fait-il que nos deux amis soient si influençables, au point de débourser des sommes astronomiques en nourriture et en livraison?

Ce n’est pas un secret pour personne, les jeunes adultes consomment énormément et veulent que le tout se fasse avec le moins d’effort possible. Il y a une explication bien logique à ce raisonnement. Ils doivent souvent combiner études et travail pour arriver à leur fin, ils consacrent donc moins de temps pour cuisiner.

La solution facile pour plusieurs, dont nos deux compatriotes, Félix et Jérémie, est de se commander, peu importe le type de services de livraison, du restaurant.

« Maintenant, on se commande beaucoup de nourritures sur Uber Eats par exemple. Cette action si simple coûte beaucoup plus cher que faire l’épicerie une fois par semaine, planifier nos repas et cuisiner nous-même », affirme la graphiste séniore spécialisée en emballage et positionnement alimentaire de Voyou Bouffe Marketing, Carole Allain.

Les services de livraison ruinent les consommateurs à petit feu.

Prenons exemple sur Jérémie. En un mois, il a dépensé 638,19$ ce qui est seulement 200 $ de moins ce qu’un mois d’épicerie coûte en moyenne pour une famille de 4 personnes, d’après une étude menée par le Journal de Montréal.

Pour ceux qui prennent la peine de se rendre à l’épicerie, plusieurs tentations peuvent se retrouver sur leur chemin.

« Les petites grignotines sont des calories vides qui grugent notre budget et qui ne sont même pas santé ! », s’exclame Mme Lavoie-Dufour.

En moyenne, un petit sac de chips renferme environ 350 calories, 23g de gras et beaucoup trop de sodium.

Après tout, comme le dit le journaliste français Philippe Bouvard : « Le propre de la nouvelle cuisine est de vider le portefeuille sans remplir l’estomac ».

 

Jeunesse influençable

Les jeunes sont facilement influençables et l’industrie du marketing alimentaire l’a bien compris. Porte-paroles, influenceurs, publicités ciblées sur les valeurs d’aujourd’hui, toutes des méthodes utilisées pour amener les jeunes consommateurs à se procurer certains produits.

« Les milléniaux dépensent plus lorsqu’ils vont à l’épicerie. Ils se basent beaucoup sur les recommandations qu’ils trouvent sur les réseaux sociaux. Ils sont prêts à payer plus cher pour un produit qui correspond à leurs valeurs ou qui est promu par quelqu’un qu’ils admirent », explique Carole Allain.

 

Et au final?

Manger sainement peut, d’un point de vue purement monétaire, coûter plus cher. Toutefois, les aliments sains ayant une meilleure valeur nutritive que la malbouffe, ce prix légèrement plus élevé est rapidement effacé par le fait qu’un repas sain bouche, en bon français, un trou qu’un repas malsain ne peut combler.

Il faut donc regarder plus loin que l’étiquette et résister à la tentation pour être certain d’avoir un régime alimentaire des plus convenables.

À propos de Philippe Chabot

Philippe Chabot
Philippe Chabot a décidé de quitter la ville de Lévis pour se rendre à Jonquière où il poursuit ce qui lui a toujours plu, la communication. Il voit le journalisme comme un métier où il peut vivre de ses passions. Les voyages sont pour lui, une belle opportunité pour connaitre de nouvelles cultures et de nouvelles langues. Maintenant retraité du sport compétitif, il adore faire son sportif de salon et regarder le basketball à la télévision. Le sourire aux lèvres, il aime parler et en apprendre plus sur le monde qu’il côtoie. Au travers de ses histoires rocambolesques et de ses petites blagues, il partage sa joie de vivre aux autres. Dans le futur, toutefois incertain, il se voit dans une carrière internationale afin de pouvoir contribuer activement à l’amélioration de ce monde de fou dans lequel on vit.

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