mercredi , 1 décembre 2021

La vie après la dépendance

« Ça été une période très noire, je ne calcule même plus le nombre de fois où j’ai essayé de m’enlever la vie. » Pierre-Luc Lévesque a tout perdu en tombant dans l’enfer de la dépendance aux drogues. Aujourd’hui, il s’est relevé et se sent plus fort que jamais.

L’homme de 35 ans possède désormais, avec beaucoup de fierté, sa propre entreprise à Chicoutimi. Il a lui-même créé son concept de salle de défoulement unique dans la région : Hekatomb Saguenay. Et ce, après plusieurs années sous l’emprise de la drogue.

Selon Statistique Canada, en 2018, ce sont 19,1 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus (soit environ 5,9 millions de personnes), qui considèrent leur consommation d’alcool comme étant abusive. Chez les hommes de 18-24 ans, c’est un peu de moins de 40%.

L’agente de liaison et l’intervenante externe à la maison d’hébergement Le Séjour, Marie-Ève Gagnon, explique que les cas sont en augmentation depuis la pandémie de Covid-19. « L’isolement, les décès… On est dans le “comeback” de la pandémie. J’ai beaucoup de demandes en ce moment. On voit que la souffrance est de pire en pire. » L’intervenante ajoute aussi que la dépendance est quelque chose qui peut toucher tout le monde. « Ça arrive à n’importe qui… homme, femme, adolescent. C’est sûr qu’il y a des facteurs de risque plus élevés chez certains, […] mais les problèmes de consommation et de dépendance peuvent toucher tout le monde. »

Selon Statistique Canada, en 2018, ce sont 19,1 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus (soit environ 5,9 millions de personnes), qui considèrent leur consommation d’alcool comme étant abusives. Chez les hommes de 18-24 ans, c’est un peu de moins de 40%.

La chute

Après six ans dans l’armée, Pierre-Luc Lévesque a commencé à travailler dans une mine de l’Abitibi. Il avait pour motivation le salaire alléchant lié à ce mode de vie. Par contre, dans les mines il y a beaucoup de détresse psychologique, affirme-t-il. La fatigue, associée aux longues heures de travail et aux courtes périodes de récupération, est considérée comme un enjeu important pour la santé des travailleurs miniers, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Pour pallier le manque d’énergie et le stress, certains mineurs ont recours aux drogues et à l’alcool, renchérit l’INSPQ dans un rapport datant de janvier 2018.

« Ma première journée là-bas on m’a demandé : “ Toi, tu prends de la coke? ” », mentionne l’ex-mineur. Un environnement malsain, un jeu d’influence, c’est ce qui a eu raison de l’entrepreneur. « Tu fais des salaires de 4000$ aux deux semaines, […] mais tu te sens vide en dedans donc pour remplir ça, ça te prend toujours plus. Ça prend un gros char, une grosse maison, un quatre-roues, un ski-doo… Et là, à un moment donné ce n’est même plus assez, donc tu te mets à te droguer et à consommer. »

De son côté, Nancy Foster, maman de deux enfants, a pu retrouver une vie familiale saine en surpassant sa dépendance à l’alcool.

Elle n’a pas vécu d’élément déclencheur. Elle a grandi dans la dépendance. « Mon père et ma mère étaient alcooliques. Il y avait toujours des amis à la maison et il y avait toujours de l’alcool les fins de semaine. C’était donc beaucoup d’incitatifs et de mauvais exemples. Pour moi, c’était normal », avoue la dame qui a eu des problèmes d’alcoolisme dès l’âge de 13 ans.

De lourdes pertes

Ce qu’ont en commun ces deux personnes, ce sont les pertes engendrées par la dépendance. « C’est tellement un cercle vicieux, on perd totalement nos repères, on perd toute notre confiance en soi et on perd goût à la vie », mentionne la mère de famille.

La remontée

Que ce soit après un séjour en prison, ou pour ses enfants, la partie la plus difficile du rétablissement, c’est de décider d’arrêter. « C’est sûr qu’il y a des journées pires que d’autres ! Mais c’est justement pourquoi j’ai créé mon entreprise, c’est thérapeutique en quelque sorte », s’exclame le propriétaire de salles de défoulement. Pour lui, ses apprentissages se transposent dans son entreprise.

Maintenant, à la question : « Comment allez-vous ? », les deux interviewés répondent positivement. « J’ai plein de projets, je suis beaucoup plus là pour mes filles, même si je les ai toujours fait passer en premier […] la dynamique familiale a vraiment changé. Je suis une mère présente maintenant », lance avec énormément de fierté Mme Foster, qui est sobre depuis 6 ans.

« Je vais bien. Je suis fatigué, mais je vais bien. Maintenant, quand il m’arrive quelque chose, je me revire de bord et je trouve des solutions, » ajoute l’entrepreneur d’un ton calme, via le téléphone de l’entreprise qu’il a lui-même mis sur pied en quelques mois.

Dans les deux cas, la guérison est passée par l’acceptation de ce passé difficile. La stabilité, la joie, l’envie de vivre et le dépassement de soi ont ensuite tranquillement été regagnés.

 

À propos de Élodie Drolet

Élodie est une jeune femme déterminée, sociable, créative et travaillante. Elle est très fière d’être originaire de la colorée, dynamique et magnifique ville de Québec. C’est d’ailleurs cet environnement stimulant qui l’a poussée à développer et nourrir sa grande curiosité. Élodie adore se renseigner et discuter de sujets comme la technologie, l’histoire, les sports, les enjeux sociaux, la politique, l’environnement, la culture et les voyages. Pendant son parcours scolaire, elle en a profité pour apprendre l’anglais, s’impliquer dans divers projets entrepreneuriaux et surtout partir en Thaïlande et en Europe. Ce sont ces deux expériences d’indépendance qui l’ont motivée à faire le grand saut et à déménager seule au Saguenay pour les études supérieures. Cette jeune femme ambitieuse sait se démarquer par ses idées créatives, sa débrouillardise et son leadership peu importe le milieu.

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