mercredi , 1 décembre 2021

Place à la culture

 

La sculpture Le voyage d’Arvida et Jerodro trônant à la place du Conte de la bibliothèque d’Arvida. L’œuvre a été réalisée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments. Photo : Gabrielle Simard

 

S’il y a une chose qui ne fait aucun doute, c’est que la population de Saguenay est vieillissante. Cette réalité, les candidats à la mairie de Saguenay en étaient bien conscients aux toutes dernières élections lorsqu’ils disaient vouloir travailler sur l’attractivité de la ville. Le phénomène de vieillissement de plus en plus important rappelle que l’une des clés du rajeunissement de la ville se cache dans le développement culturel et dans l’intégration de l’art dans son environnement.

En 2021, les aînés représentent 24,38 % de la population de Saguenay. Cette proportion s’est fait sentir dans le discours des candidats à la mairie tels que Julie Dufour qui proposait de refaire vivre le Carnaval Souvenir de Chicoutimi. En effet, l’idée caressait la fibre nostalgique des plus vieux et non les besoins de la nouvelle génération.

Pour rejoindre la jeunesse, Saguenay doit aller de l’avant et non revenir dans le passé. Il faut revitaliser et aménager ses espaces. Pour s’y prendre, il doit y avoir une collaboration avec des artistes et des travailleurs du domaine culturel. Les politiques culturelles doivent également être à l’écoute des voix citoyennes qui demandent une gestion des espaces et des bâtiments historiques.

Un excellent exemple de la nécessité de l’intégration des citoyens lors des consultations est observable dans la dernière campagne électorale. En effet, les candidats à la mairie se sont prononcés sur leurs manières de revitaliser l’ancienne zone ferroviaire de Chicoutimi, sans considérer les idées apportées auparavant par les gens du coin.

Les citoyens du secteur avaient proposé en consultation publique la construction d’un parc rappelant l’histoire de la zone ferroviaire tout en implantant un marché public. Malgré cette idée citoyenne, seul le parti Unissons Saguenay avait retenu l’idée. Josée Néron proposait la construction d’un amphithéâtre, Julie Dufour, le développement de 1000 logements et Catherine Morissette, la construction d’un cinéma et de locaux culturels.

La précarité du domaine culturel a été mise au grand jour avec la pandémie. Heureusement, l’appui financier des municipalités aux artistes est une clé à l’augmentation de l’attractivité de la ville pour les créateurs.

En 2018, 10,34 M$ ont été versés en subventions dans le secteur culturel, toutes municipalités confondues au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Seulement 11,1 % de ce montant a été versé dans le patrimoine et l’art public selon les chiffres de l’organisme Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Pourtant, l’intégration systématique de créations artistiques dans les infrastructures au moment de projet de construction et de rénovation permettrait de soutenir les artistes de Saguenay. En ajoutant des œuvres dans l’architecture et l’urbanisme, la Ville encouragerait non seulement le monde culturel, mais donnerait aussi plus d’opportunités à sa population d’interagir au quotidien avec l’art. Tout est à gagner en faisant place à la culture.

À propos de Gabrielle Simard

Pour Gabrielle, les mots sont comparables aux crayons de cire ; ils sont offerts en plusieurs teintes et permettent, lorsque bien utilisés, de colorier la plus complexe des jungles. Impliquée, imaginative et appliquée, elle a la justice et l’égalité tatouées sur le cœur. Son esprit fougueux stimulé par l’être humain, les arts, l’apprentissage, la discussion et la réflexion cherche toujours à en apprendre un peu plus sur tout. Étant originaire d’Arvida, la jeune allumée par l’écriture s’intéresse aux phénomènes sociaux et voit une richesse inépuisable dans chacun des humains qui comportent notre monde. Gabrielle évolue comme journaliste culturelle et généraliste au sein de la coopérative de l’information Le Quotidien depuis mai 2021. Comme elle juge primordial de s’investir dans son milieu, celle qui adore les découvertes œuvre également en tant que codirectrice et journaliste au magazine web La Cerise depuis trois ans. Pour occuper ses temps libres, Gabrielle s’investit dans Cégeps en spectacle, compose des mélodies, consomme sans modération des documentaires et se prête à des séances d’écriture une tisane à la main.

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