Prévenir avant de guérir

Quatre ans après la première vague de dénonciations du mouvement #MeToo, la réforme de la Loi visant à aider les personnes victimes d’infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement a été votée et mise en place au Québec. C’est une avancée importante pour la sécurité des femmes, mais insuffisante et perfectible.

woman rights
Une enquête de l’ONU a démontré que 96 % des femmes interrogées ont affirmé ne pas avoir alerté les autorités après avoir été harcelées. Près de la moitié (45 %) pensant que cela n’aurait rien changé. (Photo : courtoisie)

 

Quand une nouvelle crise sociale touche vos citoyens, la solution la plus efficace est-elle de réparer les dégâts qu’elle cause, ou d’empêcher qu’elle se reproduise ? Pas que la mise en place de la loi votée ne sert à rien, bien au contraire. Le gouvernement a fait un pas de géant vis-à-vis de la situation d’insécurité dans laquelle les femmes se trouvent depuis de nombreuses années, et c’était essentiel.

Toutefois, aider les victimes après le traumatisme, c’est une chose, mais peut-être faudrait-il enfin songer à éduquer nos sociétés dès le plus jeune âge sur le sujet, pour éviter qu’on en arrive à devoir voter ce genre de loi.

Les seules pistes d’aides pour les victimes à l’heure actuelle sont post-traumatiques. La réforme citée précédemment en est un bon exemple. Si on devait en citer d’autres, on pourrait parler de la première cohorte de Judo Canada, ici, à Judokas Jonquière, qui enseignera, à partir de janvier, des cours d’autodéfense ainsi que des techniques de prévention d’agressions aux femmes de 16 ans et plus. On apprend aux femmes à se défendre, mais apprend-on aux coupables à ne pas agresser ?

Selon une étude de l’ONU de mars 2021, 97 % des femmes entre 18 et 24 ans ont subi des agressions sexuelles. D’après une autre étude de Statistique Canada de 2014, seulement trois plaintes sur 1000 aboutissent à une condamnation. Selon les statistiques de la Sécurité publique du Québec en 2013, 96,8 % des agresseurs sont des hommes et 78,1 % des victimes sont des femmes. Toutes les preuves sont là pour nous mettre sur la voie. Il n’existe qu’une seule et unique cause au problème : le manque d’éducation et de répercussions pour les agresseurs.

Et si, comme dit le proverbe, on essayait de prévenir avant de guérir ? Et si on augmentait le nombre de campagnes de sensibilisation ? Et si des cours sur l’importance du consentement étaient donnés aux plus jeunes ? Et si les parents abordaient le sujet avec leurs enfants avant l’arrivée d’un drame ? Ne serions-nous pas plus proches d’une société sécuritaire pour tous ?

Améliorer l’efficacité du système judiciaire ne dépend pas des citoyens, et le gouvernement du Québec avance bien de ce côté avec l’éventuelle mise en place d’un tribunal spécialisé en violences sexuelles et conjugales. En revanche, modifier nos comportements en tant que société dans le but de criminaliser les actes d’agressions réduirait sûrement le (trop grand) nombre de crimes de ce genre. Cela ne coûte rien d’essayer.

À propos de Théa Ribault

Pur produit de Bretagne, en France, Théa Ribault est arrivée au Québec immédiatement après le secondaire pour vivre une expérience d’indépendance totale. Passionnée de sport, de voyages, de littérature, et bien d’autres domaines, elle étend sa curiosité par-delà les frontières et cherche à découvrir un maximum de choses. Selon elle, « l’apprentissage est la plus grande source de richesse ». Intéressée par l’audiovisuel, son rêve demeure de travailler à la télévision, même si, pendant son cursus à l’école supérieure en Art et technologie des médias, elle a développé des compétences dans toutes les sphères de la communication et du journalisme

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