L’autosuffisance alimentaire été comme hiver

Les enseignements s’apprennent à la fois dans les livres, sur Internet et par transmission d’humain à humain. Photo : Gabrielle Simard

À une époque où le prix des aliments est en constante augmentation, faire l’épicerie ne fait pas partie du quotidien de Carmen Tremblay et Napesh Lapointe. Le couple qui développe son autonomie alimentaire depuis maintenant 19 ans sur La Vieille Ferme de Saint-Fulgence se laisse guider par le cycle de la nature et des saisons.  

Les propriétaires de la ferme certifiée biologique et spécialisée dans l’agrotourisme pensent qu’il est possible pour tout le monde de développer l’autosuffisance. Napesh Lapointe croit que le virage social vers ce mode de vie ancestral dépend du prix des aliments. Selon lui, si les prix ne cessent d’augmenter, les gens auront tendance à vouloir faire pousser par eux-mêmes leurs fruits et légumes.

Pommes, framboises, fraises, raisins, camerises, cassis, groseilles, légumes, cochons, agneaux, poulets, oies, lapins et canards bref, la famille de Saint-Fulgence ne manque pas de diversité dans son assiette. Les propriétaires de La Vieille Ferme de Saint-Fulgence consomment presque exclusivement des aliments locaux.

« Une ferme ne peut pas être à 100 % autosuffisante, il est clair que dans ce genre de projet, il doit y avoir un esprit de communauté. De notre côté, on achète notre pain à un boulanger local et on se procure notre yogourt et notre fromage sur une ferme. On se rend à l’épicerie uniquement pour acheter du lait, du chocolat, quelques légumes et fruits frais et des bases de céréales », se réjouit Carmen Tremblay.

Avec un peu de chauffage, les serres permettent aux fermes autosuffisantes de récolter des légumes jusqu’au mois de décembre. Photo : Gabrielle Simard

Les grands froids de l’hiver ne constituent pas une limite pour la famille de Saint-Fulgence. Avec un peu de chauffage, les serres permettent aux fermes autosuffisantes de récolter des légumes jusqu’au mois de décembre. La culture peut même débuter au mois de janvier et les récoltes au mois d’avril.

Les habitants de La Vielle Ferme de Saint-Fulgence réussissent à s’alimenter de manière autonome même l’hiver. Comme cela demande de l’organisation, les cultivateurs doivent prévoir les aliments qu’ils souhaitent faire pousser assez tôt dans l’année. Ils réalisent ensuite la récolte et en font la transformation. « Pour préserver les aliments, on peut sécher, confire, emballer sous vide et cuisiner. C’est aussi possible d’utiliser le processus de lacto-fermentation qui permet de conserver des légumes dans un état normal pendant deux ans. On transforme également notre viande et on la congèle. L’hiver n’est pas une limitation, nous mangeons simplement selon les réserves, mais toujours de manière équilibrée », confirme celle qui mise sur une agriculture à l’échelle humaine.

Selon l’agricultrice, il n’est pas possible de devenir autosuffisant du jour au lendemain. Les enseignements s’apprennent à la fois dans les livres, sur Internet et par transmission d’humain à humain. Orienter sa vie autour de l’autosuffisance demande, selon ses dires, des essais et des erreurs. « Nous sommes tous descendants d’agriculteurs après tout. C’est naturel pour nous de se diriger vers cette pratique, c’est dans notre ADN de chercher à se nourrir par soi-même. À La Vieille Ferme, nous accueillons toujours une à deux personnes chaque année pour transmettre les connaissances que nous avons », livre-t-elle.

Pour Carmen Tremblay, le développement de l’autosuffisance alimentaire est une grande fierté. Celle-ci trouve fabuleux de vivre aux rythmes des saisons. Elle confie qu’elle et sa famille donnent plus de valeur à la nourriture qu’ils consomment. Elle remarque qu’en cultivant par eux-mêmes, ils retrouvent le goût naturel des aliments et profitent beaucoup plus des produits lorsqu’ils les retrouvent la saison suivante. « Ça donne beaucoup de sens à notre vie. Nous n’avons pas le choix d’être résilients, ce n’est pas toujours facile de se retrouver à quatre pattes sur la terre. Même avec nos enfants, c’est un énorme enseignement de vivre sur une ferme, d’être en lien avec ce qu’on mange et de côtoyer le vivant tous les jours », ajoute Mme Tremblay.

Photo: Gabrielle Simard
Photo: Gabrielle Simard
Photo: Gabrielle Simard
Photo: Gabrielle Simard

À propos de Gabrielle Simard

Pour Gabrielle, les mots sont comparables aux crayons de cire ; ils sont offerts en plusieurs teintes et permettent, lorsque bien utilisés, de colorier la plus complexe des jungles. Impliquée, imaginative et appliquée, elle a la justice et l’égalité tatouées sur le cœur. Son esprit fougueux stimulé par l’être humain, les arts, l’apprentissage, la discussion et la réflexion cherche toujours à en apprendre un peu plus sur tout. Étant originaire d’Arvida, la jeune allumée par l’écriture s’intéresse aux phénomènes sociaux et voit une richesse inépuisable dans chacun des humains qui comportent notre monde. Gabrielle évolue comme journaliste culturelle et généraliste au sein de la coopérative de l’information Le Quotidien depuis mai 2021. Comme elle juge primordial de s’investir dans son milieu, celle qui adore les découvertes œuvre également en tant que codirectrice et journaliste au magazine web La Cerise depuis trois ans. Pour occuper ses temps libres, Gabrielle s’investit dans Cégeps en spectacle, compose des mélodies, consomme sans modération des documentaires et se prête à des séances d’écriture une tisane à la main.

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