Inflation : les restaurants au pied du mur

Le traiteur Bouffement Bon doit trouver une alternative pour remplacer les contenants en aluminium, utilisés auparavant pour emballer certains plats.

 

« On peut dire que le stress est au maximum! », explique le copropriétaire de l’Érudit Café à Jonquière, Marc-Olivier Gagné. Des restaurateurs de Saguenay ressentent l’angoisse face aux récentes augmentations des prix dans le secteur de l’alimentation.  L’homme d’affaires raconte qu’il doit débourser jusqu’à 20 % de plus que l’an dernier pour se procurer du café chez son fournisseur.

Selon Statistique Canada, depuis 2015, les restaurateurs doivent prévoir de débourser et d’augmenter leurs prix de 2 à 3 % par année, à cause de l’inflation. Cependant, en 2022, c’est plutôt un bond deux fois plus grand qu’il faudra faire, soit de 5 à 6 %. « Toutes les semaines nos prix augmentent. À toutes les semaines ! Je dirais que c’est depuis la deuxième année de la COVID, en 2021 et 2022 », explique le propriétaire du traiteur Bouffement Bon, Patrice Leclerc, avec un ton de voix fatigué. « On doit travailler avec plusieurs compagnies, fournisseurs… On est rendu là… »

Cette statistique n’épargne pas non plus l’Érudit Café. « On a dû augmenter le prix de nos sacs de café. On ne pouvait pas ajouter 5 $ au prix d’un sac pour égaler nos profits des autres années, c’était trop pour nos clients. […] On fait donc moins d’argent qu’on en faisait avant », mentionne le copropriétaire.

Si le pourcentage a doublé, c’est entre autres à cause de la pénurie de main-d’œuvre chez les fournisseurs et de la pandémie de COVID, selon l’association de restaurateurs, restaurants Canada.

En plus de la nourriture, d’autres augmentations doivent être prévues par les restaurants cette année. Les deux hommes d’affaires expliquent que les prix du transport et des emballages ont doublé depuis l’an passé. « Si on regarde les emballages en aluminium […] ça n’a pas juste changé de 10 ou 15 %, mais de 50 à 60 %. On doit donc trouver des alternatives », ajoute le propriétaire du service de traiteur.

Une année difficile

 Ces difficultés ne laissent pas indifférent M. Gagné, le gestionnaire du café qui a vu le jour en 2015. « C’est vraiment stressant, c’est épeurant. Des fois, je me dis qu’on a fait des bons chiffres, mais en même temps, tout me coûte plus cher. Alors cela ne veut pas dire qu’on a fait plus de sous. C’est sûr que pour le mental, c’est dur. On s’accroche, on essaie d’être inventif pour donner du bon service malgré tout. »

De son côté, M. Leclerc de chez Bouffement Bon, ressent plutôt un malaise face à l’augmentation de ses prix. « Je me sens mal à l’aise d’augmenter et de vendre des affaires à mes clients qui ne valent pas le prix, mais c’est automatique. On n’est pas pour perdre de l’argent juste parce que tout coûte plus cher. »

Les restaurateurs doivent prévoir débourser et augmenter leurs prix de 5 à 6 %. Quelque chose qui n’épargne pas l’Érudit Café.

 

 

 

À propos de Élodie Drolet

Élodie est une jeune femme déterminée, sociable, créative et travaillante. Elle est très fière d’être originaire de la colorée, dynamique et magnifique ville de Québec. C’est d’ailleurs cet environnement stimulant qui l’a poussée à développer et nourrir sa grande curiosité. Élodie adore se renseigner et discuter de sujets comme la technologie, l’histoire, les sports, les enjeux sociaux, la politique, l’environnement, la culture et les voyages. Pendant son parcours scolaire, elle en a profité pour apprendre l’anglais, s’impliquer dans divers projets entrepreneuriaux et surtout partir en Thaïlande et en Europe. Ce sont ces deux expériences d’indépendance qui l’ont motivée à faire le grand saut et à déménager seule au Saguenay pour les études supérieures. Cette jeune femme ambitieuse sait se démarquer par ses idées créatives, sa débrouillardise et son leadership peu importe le milieu.

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