Arvidienne en vedette dans le Paris Match en 1950 | La légendaire Thérèse

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Un dimanche soir, lors d’un souper chez la famille Pilote, les anecdotes fusent de partout. Le doyen, Jean Pilote, raconte son enfance dans le quartier d’Arvida. Inévitablement, l’histoire de sa soeur aînée après plus de 65 ans.

En 1950, le rédacteur Jean Ferran écrivait un reportage afi n de montrer aux Français que le Québec est en plein changement. Inspiré par le roman de Louis Hémon, il désire présenter la Maria Chapdelaine moderne. C’est par l’entremise de Thérèse Pilote, jolie Arvidienne, employée au dépar-tement du courrier à l’usine Alcan, que le journaliste présentera l’évolution d’une région. L’histoire de Thérèse a traversé les épreuves du temps. Encore aujourd’hui, les Saguenéens se rappellent de la beauté exceptionnelle de cette femme et de sa présence dans le célèbre magazine français le 9 décembre de cette année-là.

Thérèse raconte qu’elle a rencontré M. Ferra alors qu’il visitait l’usine d’Arvida. Elle correspondait, selon lui, au portrait typique de la jeunesse cana-dienne française: grande femme, chevelure brune et de taille moyenne. Dès la première rencontre avec le journaliste, elle est sélectionnée. La famille Pilote représentait une famille arvidienne. Thérèse était l’aînée d’une famille de cinq enfants, trois fi lles et deux garçons. Ils vivaient sur la rue Taschereau, aujourd’hui connue comme le boulevard Saguenay. Son père, Rosario Pilote, travaillait chez Alcan de même que ses fils Yves et Jean.

Au cours de leur passage dans la région, le photographe Yves Jasmin qui accompagnait le journa-liste a pris des centaines de clichés, entre autres des scènes de la vie familiale des Pilote, de Thérèse au travail, lors de ses activités où elle joue aux quilles et avec son fi ancé de l’époque. Des lieux mythiques d’Arvida tels que l’ancien marché aujourd’hui la bibliothèque d’Arvida, le centre récréatif, et le cinéma dominaient le reportage. «J’incarnais la vedette de ce reportage illustré, c’était mon quotidien qu’on présentait», déclare l’octogénaire.

La popularité du magazine Paris Match était bien implantée à l’époque. Chaque semaine, des milliers de lecteurs de tous les pays européens de langue française consultaient le célèbre hebdomadaire. Dans la région, tous attendaient la publication de ce reportage. Le Lingot, le journal de l’Alcan, annonçait dans son édition du jeudi 12 octobre 1950 la visite du journaliste et résumait le contenu du reportage.

Une popularité immédiate

La publication du reportage a «J’étais la fille du Paris Match, tout le monde se connaissait et fréquentait les mêmes centres, donc tous étaient au courant», se rappelle Mme Pilote. Cette femme humble, qui n’ose pas se vanter de cette popularité, croyait que cet instant serait éphémère. Elle reste surprise que le reportage soit imprégné dans la mémoire des Arvidiens de l’époque.

Son frère Jean Pilote, encore résident d’Arvida, confirme la renommée de sa soeur. «Encore aujourd’hui, les gens me parlent de la beauté de Thérèse et de l’article dans le Paris Match. Tout dernièrement, un homme m’a interpellé et m’a demandé des nouvelles de la belle Thérèse», affirme le retraité de l’Alcan.

Malgré cette célébrité non désirée, elle en garde de bons souvenirs. Entre autres, les rencontres qu’elle a pu réaliser grâce à l’article. «Des gens avec une plus grande éducation que ceux que je côtoyais m’ont approchée», se remémore dignement Thérèse.

Aujourd’hui, Thérèse Pilote vit dans le milieu paisible de la campagne près de Montréal. Cette femme qui a quitté très jeune la région a travaillé longtemps dans le domaine de l’immobilier. Cela fait une dizaine d’années qu’elle n’est pas revenue dans les rues de son enfance. Elle souhaiterait retrouver ces rues qui, en 1950, l’ont fait rayonner à l’international.

Elle correspondait, selon le journaliste Jean Ferran, au portrait typique de la jeunesse cana-dienne française: grande femme, chevelure brune et de taille moyenne.

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