Harcèlement sexuel | Les victimes subissent de la pression

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La vague de dévoilements liée au harcèlement sexuel qui déferle actuellement sur le Québec est intéressante puisqu’elle permet de faire de la prévention et de l’éducation. Toutefois, elle n’est pas exempte de conséquences, selon Christine Audette, intervenante sociale à la Maison ISA, un centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.
Si ce mouvement est synonyme de soulagement pour plusieurs, certaines victimes se sentent plutôt écrasées par une nouvelle contrainte: l’obligation d’en parler. «Elles sont bombardées de témoignages sur les réseaux sociaux, mentionne Mme Audette. Que toutes ces personnes arrivent à en parler alors qu’elles, elles n’y arrivent pas, ça ajoute une pression supplémentaire. Tout le monde n’est pas nécessairement prêt à s’exposer.» La peur de représailles, la honte et la culpabilité motivent parfois les victimes à garder le silence. Comme l’explique l’intervenante, être victime de harcèlement ou d’une agression sexuelle, c’est une perte de contrôle et ressentir l’obligation d’en parler, c’est une seconde perte de contrôle.
La portée judiciaire
Dans un autre ordre d’idées, l’aspect judiciaire du harcèlement sexuel inquiète beaucoup. En effet, des groupes Facebook comme Féministes du Saguenay-Lac-Saint-Jean se demandent si le fait de se dévoiler via les réseaux sociaux a un impact négatif sur le nombre de dénonciations et, par conséquent, sur le nombre de plaintes au criminel. Alors que la dénonciation est la première étape menant à des démarches judiciaires, le dévoilement n’implique pas de poursuite. Les commentaires de la population fusent sur tous les réseaux sociaux. Certains, sur une publication de Radio- Canada, dont Lucie Hachez, condamnent le laxisme dont la société fait preuve et croient fermement que la dénonciation est la solution. D’autres, comme Nicole Plante, accusent plutôt le système judiciaire dont ils soulignent l’inefficacité.
Comme il s’agit d’un phénomène assez récent, il n’existe pas encore de statistiques sur le sujet. Mme Audette souligne cependant la hausse des demandes de soutien auprès de la Maison ISA. De son côté, la directrice générale du CAVAC, Nathalie Turcotte, rappelle que les services d’informations et d’accompagnement à travers la démarche judiciaire s’adressent aux victimes, aux proches ainsi qu’aux témoins d’agression ou de harcèlement sexuel.
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