mercredi , 5 octobre 2022

En métallurgie, on s’arrache les finissants

Le besoin de main-d’œuvre est tellement criant dans certains secteurs économiques emblématiques du Saguenay—Lac-Saint-Jean que le taux de placement à la sortie des études frôle les 100 %, notamment dans les domaines de la métallurgie et de la foresterie, où le nombre d’inscriptions est faible.

Le responsable du service de placement et conseiller en orientation du Cégep de Chicoutimi, Carl Archambault estime le nombre de finissants en génie métallurgique entre cinq à dix par cohorte. Concernant la technologie forestière, il évalue à six le nombre de finissants et un taux de placement de 100 %. «On offre également le programme Alternance travail/études qui permet aux étudiants d’obtenir des stages rémunérés pour répondre à la grande demande sur le marché du travail. La plupart du temps ils sont embauchés tout de suite après. »

«Les employeurs peinent déjà à recruter des employés dans le bassin de diplômés dans plusieurs départements au Cégep de Chicoutimi, si bien que les étudiants trouvent un emploi dans leur domaine avant la fin de leurs études», témoigne-t-il.

Selon la responsable des ressources humaines de la firme de SL&B consultants affiliée à Rio Tinto, Jinny Fortin, la publicité ne suffit pas pour attirer les chercheurs d’emplois. Elle reconnaît que les offres de travail en soudure ou en manœuvre doivent être plus alléchantes qu’auparavant.

« Il n’y a même pas 10 ans, on pouvait se permettre de trier les CV et de choisir les plus compétents. Maintenant, on a dû diminuer nos critères d’expériences et de qualifications pour essayer de combler tous les postes, mais c’est impossible avec le peu finissants en génie métallurgique du cégep et de la formation professionnelle», rapporte-t-elle. Elle souligne que la solution pourrait être la formation en entreprise.

Des besoins en fonderie

Au Centre de formations professionnelles du Fjord, le directeur Gilbert Paiement, confie recevoir des demandes d’employeurs désirant des candidats à tous les jours pour combler des postes. M. Paiement prend en exemple le programme de fonderie qui n’a que quatre inscriptions cette année. «Le programme est offert uniquement à Chicoutimi et à Trois-Rivières. Au total cette année, il y a 14 étudiants en fonderie au Québec et plus de 50 postes à combler uniquement dans la région.»

«Pour les cours en soudage haute-pression et soudage-montage, on compte environ 60 inscriptions, mais il y a des demande partout au Québec, dont au moins une centaine dans la région», ajoute-t-il.

Dans certains domaines, des mesures ont été déployées pour répondre aux besoins du marché. «On envisage la possibilité avec les entreprises de permettre à l’enseignant de donner la partie théorique du cours dans l’usine et que des heures de travail rémunérées comptent pour la partie pratique », explique le directeur.

Promotion à l’international

Malgré les journées portes ouvertes, les publicités à la radio et les annonces dans les journaux, le Cégep de Chicoutimi autant que les CFP de Saguenay et l’entreprise SL&B, qui opère depuis 25 ans dans la région, s’entendent sur le fait que la promotion n’est pas suffisante et que la crise n’ira pas en s’améliorant avec les 22 000 départs à la retraite prévus d’ici 2019 dans la région.

Jinny Fortin souligne qu’une journée portes ouvertes comme celle organisée dans les bureaux de SL&B à Arvida et à Alma le 8 novembre dernier permet tout de même de recueillir plusieurs curriculums vitae. «On a embauché une vingtaine d’employés au cours du dernier mois, mais il nous reste encore une quinzaine de postes vacants », mentionne-t-elle. Certaines tâches comme celle de manœuvre dans les usines telles que Rio Tinto requièrent uniquement un troisième secondaire.

Pour le Cégep de Chicoutimi, une des solutions est de valoriser ses programmes, surtout ceux en manque d’étudiants, à l’international, révèle le responsable du service de placement, Carl Archambault. Il ne cache pas que l’objectif principal de la venue d’étudiants immigrants est qu’ils se trouvent éventuellement un travail dans la région après leurs études.

À propos de William Larouche

Originaire de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, William Larouche rêve depuis ses 8 ans de déménager en ville. Montréal, Toronto ou New York, tant qu’il y a un métro et des magasins, il sait qu’il s’épanouira. Son accent régional très prononcé est toutefois inévitable. Ses passe-temps préférés ? Fêter et s’entraîner. Des activités bien différentes, mais qui l’aident à libérer son énergie. William demeure tout de même très sérieux à l’école ainsi que pendant ses heures de travail, sans changer pour autant. Fidèle à lui-même, il ne sort jamais de chez lui sans parfum. Un homme d’ambition, il espère avoir une brillante carrière dans le milieu des communications. Il est très attiré par les domaines de l’économie, de la politique et de la mode, mais ne veut pas se restreindre uniquement à ceux-ci.

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