De la performance à l’intellectuel

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Olivier Corneau, art, performance

Le Jonquiérois Olivier Corneau considère sa série d’œuvres « Beauty is what you see » comme étant moins représentative de son art que « Bones », sa plus récente, tous les deux exposées pour la première fois au Centre national d’exposition (CNE) du Mont-Jacob depuis le 8 avril dernier.

Créée en 2013, la série « Beauty is what you see » illustre les premiers pas de l’artiste autodidacte Olivier Corneau dans l’univers artistique.

Basé sur la performance, cet art consiste à offrir une prestation artistique non-chorégraphiée devant un public poussant les limites corporelles et mentales de l’artiste à un niveau supérieur. « C’est un art qui est très brute et très dur. C’est ça qui m’a appelé au début», dit-il.

Sur une période de 8 jours, Olivier s’est privé du sens de la vue pour réaliser ses toiles. Lors de ses performances à l’aveugle, trois couleurs primaires étaient présentées devant lui avec lesquelles il effectuait des calculs logiques dans le but d’évaluer les différents agencements de teintes possibles. «Quand je me suis lancé en art, c’était l’extrême ou rien. J’avais peur de faire quelque chose d’ennuyant », mentionne-t-il.

Même si la performance correspond à son entrée officielle dans l’art, Olivier affirme que ce processus de création est loin derrière lui. Le jeune homme qualifie cette première série « d’auto-thérapie », une sorte de quête extrême qui lui a permis de vivre sa créativité de manière radicale. « Avec les années, j’ai trouvé un calme intérieur que je n’avais pas lorsque j’ai commencé. La performance m’amène à un état que j’ai laissé derrière moi. Je ne suis plus là dans ma vie », déclare l’artiste.

Le processus d’exposition dans un musée national est assez complexe. Lorsqu’un artiste soumet un dossier d’exposition, cela prend en moyenne deux ans avant d’exposer les œuvres officiellement. Dans le cas d’Olivier, lorsque sa série « Beauty is what you see » a été acceptée par le comité du CNE, celui-ci ne pratiquait plus la performance depuis un moment. «Quand j’ai eu ma confirmation du CNE, j’étais super content, mais en même temps, j’y allais un peu à contrecœur puisque j’étais rendu à une autre étape dans ma vie », affirme-t-il. Suite à un commun accord avec le Centre national d’exposition, Olivier a pu exposer ses œuvres les plus récentes tiré de sa série « Bones » qu’il définit comme étant plus authentique au style qu’il souhaite perfectionner qu’est l’art symbolique. « On a décidé de diviser la salle en deux pour présenter son travail le plus récent et ses performances à l’aveugle. Ce qu’on voulait faire, c’était une sorte de portrait de l’artiste donc je pense qu’il est intéressant de voir l’avant et le maintenant d’Olivier » affirme la directrice du Centre national d’exposition, Manon Guérin.

Comparativement à la série « Beauty what you see » utilisant la privation sensorielle, la série « Bones », quant à elle, a été créé de manière plus intellectuelle en ce concentrant sur le symbolisme et la mythologie.

Utilisés comme élément central de la série, les os servent d’outils permettant de construire des sculptures virtuelles ayant des valeurs symboliques. « Tous les os portent des messages et j’essaie de faire des histoires avec eux ». Olivier prend soin à ce que chaque détail serve à la réalisation et la compréhension d’une histoire.

Les deux séries de l’artiste Olivier Corneau « Beauty is what you see » et « Bones » seront présentées au Centre Nationale du Mont-Jacob jusqu’au 18 juin.

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