Ne pas voter par choix

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Yan Tremblay-Côté ne compte pas se présenter à son bureau de vote, le 21 octobre. L’abstention de cet homme pourtant politisé n’est pas due à un manque d’intérêt, au contraire. Comme plusieurs autres, il n’ira pas voter par conviction, en guise de protestation.

«La dernière fois où j’ai voté, c’était au municipal. Ça doit faire une dizaine d’années que je ne vote pas au fédéral ou au provincial», raconte l’homme de Chicoutimi. En restant chez lui, il refuse de participer à un système qui ne lui plait pas. «Je ne crois pas que donner mon opinion une fois aux quatre ans soit pertinent», explique-t-il. Si certains lui reprochent de ne pas participer à la vie démocratique de son pays, Yan Tremblay-Côté est un des rares citoyens qui peut se targuer de prendre régulièrement part aux conseils municipaux de la ville. «La politique municipale est plus à l’échelle humaine. C’est à ce niveau-là qu’on peut vraiment avoir notre mot à dire et qu’on peut jouer notre rôle de citoyen», explique-t-il.à

«La politique municipale est plus à l’échelle humaine. C’est à ce niveau-là qu’on peut vraiment avoir notre mot à dire et qu’on peut jouer notre rôle de citoyen», -Yan Tremblay-Côtéins éduqués et tentent d’aller chercher leurs votes avec des «mesurettes». «J’ai eu la chance d’avoir une bonne éducation et d’être scolarisé, mais ce n’est vraiment pas le cas pour tout le monde. Ça me fait capoter comment les partis politiques manipulent les gens qui n’ont pas eu cette chance-là», explique-t-il. Même son de cloche pour André Talbot, un enseignant qui s’intéresse pourtant à la politique. Si dans ses années d’étudiant il était très impliqué, il fait aujourd’hui partie des nombreux électeurs qui sont désabusés des politiciens. «Ils ne sont plus inspirants. Ce ne sont plus des projets qu’ils proposent, ce sont des petites promesses visées», explique-t-il.

Alors que les raisons qui poussent les trois hommes à rester à la maison divergent, quelque chose les rassemble; pour les réconcilier avec les urnes, il faudrait changer du tout au tout un système électoral qui ne les rejoint plus. Selon Élections Canada, le taux de participation aux élections fédérales de 2015 était de 66,1%.

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