mercredi , 5 octobre 2022

Femmes sans-abris au Saguenay-Lac-Saint-Jean | Plus de services que pour les hommes

Contrairement à d’autres régions du Québec, les femmes en situation d’itinérance au Saguenay-Lac-Saint-Jean ont accès à de nombreuses ressources afin de surmonter l’épreuve de la rue. De leur côté, les hommes ont seulement accès à la Maison d’accueil pour sans-abris de Chicoutimi.

Malgré une demande moins grande chez les femmes, plus de services leur sont destinés. «À partir des années 70, un réseau d’hébergement s’est développé au Québec. Il visait d’abord les femmes victimes de violence conjugale. Avec le temps, leur mission s’est élargie. Maintenant, on vise davantage les femmes en difficulté. Celles en itinérance peuvent donc y avoir accès», souligne la professeure en travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi, Christiane Bergeron-Leclerc.

En 2018, 134 personnes étaient en situation d’itinérance au Saguenay-Lac-Saint-Jean, majoritairement des hommes. Photo: Samuel Duchaine

Selon l’intervenante sociale travaillant au Séjour Marie Fitzbach, Maude-Alex Côté, les femmes sont davantage poussées à utiliser les ressources mises à leur disposition.  «Elle sollicite plus d’aide qu’un homme. C’est une itinérance qui est plus cachée. La dame est moins à l’aise de vivre dehors. On voit souvent l’image de l’homme qui marche avec son baluchon dans la rue. La femme va avoir besoin d’un lieu sécuritaire et d’un endroit où se nourrir.»

Selon Mme Côté, il y a entre six et sept hébergements qui accueillent les femmes sans-abris, dont le Centre féminin du Saguenay, la Maison le Rivage de La Baie ainsi que La Passerelle d’Alma.

À l’opposé des hommes, les femmes ont la possibilité d’amener avec elles leurs enfants dans les différentes ressources.  «C’est positif pour plusieurs raisons. Ça évite que des familles complètes se retrouvent à la rue», explique Mme Bergeron-Leclerc.

Mission entraide

Le Séjour Marie Fitzbach, situé à Chicoutimi, accueille des femmes sans-abris, en difficulté ou en situation de crise. Il s’agit d’un lieu de dernier recours. Huit lits en hébergement régulier sont disponibles pour une période maximale de deux mois. Un lit est également disponible pour les personnes ayant des troubles de santé mentale.

Aucun critère de sélection n’est requis. «On accepte toutes les problématiques confondues. Les gens ne sont pas obligés de souffrir d’un trouble de santé mentale. Ça peut être une séparation, une sortie d’hôpital, une ordonnance de la Cour.  Les femmes peuvent aussi venir se reposer. Elles ne sont pas obligées d’avoir un problème quelconque», précise Mme Côté.

Grâce à un partenariat avec l’organisme Moisson Saguenay ainsi qu’à des subventions, le Séjour Marie Fitzbach est en mesure de fournir trois repas par jour ainsi que des collations aux femmes fréquentant le séjour.

À propos de Lilia Gaulin

Originaire de l’Estrie, Lilia est passionnée par le sport depuis son plus jeune âge. Joueuse de soccer et de hockey, elle a le rêve un peu fou de couvrir les Jeux olympiques. À son arrivée à Jonquière, elle confirme sa passion pour le monde envoûtant de l’actualité, ce qui vient brouiller les cartes de son avenir. L’ensemble des domaines l’intéresse, mais elle a un petit faible pour l’actualité sportive. Indécise entre la presse écrite, la télévision et la radio, Lilia souhaite toucher à tous les types de médias. L’été dernier, elle a eu le plaisir de travailler en tant que pigiste au journal La Tribune. Cette expérience plus qu’enrichissante est venue assurer son choix de carrière. Le journalisme est pour elle une façon de donner une voix aux gens.

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