Le journalisme international en transition

Alors que les médias se tournent de plus en plus vers les journalistes indépendants pour couvrir les nouvelles internationales, le tarif des pigistes n’a pas augmenté depuis les dix dernières années. Un problème qu’a rapporté la journaliste indépendante Sabrina Myre qui a été basée à Jérusalem jusqu’à tout récemment.  

Le magazine L’Apostrophe de l’UQAM présentait jeudi soir son deuxième apéro-conférence Entre Ici et Ailleurs sous le thème En zone de conflit: une journaliste et son fixeur. Les invités, Sabrina Myre et Hasan Jaber, le fixeur de cette dernière à Gaza, y ont partagé leurs expériences en tant que journalistes à Gaza. Le fixeur est celui qui sert de guide dans une région à risque aux reporters. Il est à la fois interprète, accompagnateur et celui qui organise les entrevues. Une discussion à propos de la transition du journalisme international et des enjeux vécus par la femme journaliste en zone de guerre s’en est suivie. 

« Oui, il y a les agences de presse, mais les médias doivent réaliser qu’ils ne doivent pas seulement se contenter de ces agences-là. Il faut aller plus loin que la nouvelle brute, il faut parler des sujets de société pour mieux comprendre ce qui se passe dans le monde », rapporte Sabrina Myre.  

Selon la journaliste, qui a étudié en Art et technologies des médias, il serait important que les médias accordent plus de financement aux journalistes indépendants, qui doivent payer les assurances, les fixeurs et le temps sur le terrain, entre autres. « Si tu comptes ton nombre d’heures, finalement ton tarif à l’heure est assez bas. Il va falloir une correction des tarifs pour refléter tout le travail journalistique que ça prend. » 

Des formations pour les journalistes en zone de conflit devraient également être offertes par les médias, avance la journaliste. Elle estime également que les programmes de journalisme au cégep et à l’université devraient proposer des cours portant sur le journalisme indépendant pour les aider à comprendre la réalité du travail à la pige.  

 

Être une femme journaliste en zone de guerre  

Parmi les sujets abordés durant la conférence, les enjeux reliés à la femme en zone de guerre étaient des plus élaborés. Hasan Jaber était responsable de la sécurité de Sabrina Myre lorsqu’elle était à Gaza. « Quand je suis à la maison, après le travail, je suis responsable d’elle. Même lorsqu’elle loge dans un hôtel gardé, j’ai peur pour sa vie, » témoigne Hasan Jaber.  

D’un autre côté, Sabrina Myre a raconté que le fait d’être une femme lui a permis d’obtenir de meilleurs témoignages et une plus grande proximité avec les femmes qu’elle a interviewées. « J’ai pu gagner la confiance de ces femmes-là, parce que de prime abord, je n’ai pas envie d’être la journaliste étrangère privilégiée qui vient entendre leur témoignage de victime. J’ai envie qu’on se parle entre femmes. Je ne veux pas entendre leur histoire comme une femme qui parle à une journaliste, mais comme une femme qui la raconte à une femme avec de l’empathie », atteste-t-elle. 

À propos de Sophie Boivin

Créative, énergique et ambitieuse, voilà trois mots qui décrivent bien Sophie Boivin. Âgée de 19 ans, la Saguenéenne a su à un très jeune âge qu'elle voulait travailler dans les médias, comme sa maman. Son intérêt pour les communications et le journalisme la pousse chaque jour à se dépasser. Passionnée d’art sous toutes ses formes, Sophie prend plaisir à user de son imagination débordante pour créer. Le dessin, la danse, l’écriture, la photographie et la musique font notamment partie des moyens qu’elle utilise pour s’exprimer et laisser libre court à son imagination. Elle a toujours le mot pour rire et est une vraie bout-en-train. Son ambition fait en sorte qu’elle a de nombreux objectifs, comme de devenir plus tard journaliste ou recherchiste. Elle aimerait également travailler sur des documentaires.

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