mercredi , 10 août 2022

Les plateformes de créations Web, une menace pour les webmestres?

 

L’étudiant en Techniques d’intégration multimédia, Mathis Lebrun, n’hésite pas à se mettre dans la peau de l’utilisateur en soulevant la question : « Le faible coût relié aux plateformes, est-il plus valide que la quantité d’heures et de travail passé afin d’obtenir un résultat satisfaisant? » (Photo : Mély-Anne Dupuis)

 

WordPress, Wix, Squarespace, les plateformes de création de sites Internet se multiplient alors que le futur webmestre Mathis Lebrun s’inquiète des impacts sur son avenir professionnel. Afin de créer un site Internet, certains étudiants, entrepreneurs ou même entreprises optent pour ces types de plateformes décrites comme « commode et sans codage ». 

L’apprenti webmestre concède que ces outils offrent plus d’autonomie à l’utilisateur. « Mais ils peuvent rendre les pages Internet homogènes puisqu’il s’agit de modèles semblables sans animation », ajoute-t-il.   

En les comparant à des images désaturées, il craint que cette tendance devienne désormais un paradigme et qu’elle remplace éventuellement le travail de certains administrateurs de sites. Il pense que l’aspect de simplicité est priorisé par rapport à la qualité. « Les gens semblent se satisfaire par les plateformes de création de sites Internet, ils ne voient pas nécessairement l’intérêt d’engager quelqu’un comme moi », déplore-t-il en faisant référence aux besoins informatiques qui sont en perpétuel changement.  

Selon l’intégrateur Web, Patrick Lamarre, les agences permettent aux nouvelles entreprises d’obtenir un design sur mesure et plus professionnel, notamment par l’ordre du contenu de la page. (Photo : Mély-Anne Dupuis)

Pour l’intégrateur Web de l’agence Webrio, Patrick Lamarre, ainsi que la chargée de projet, Fanny Mattias, cette crainte face à l’uniformisation prouve justement le contraire. Selon eux, puisque le but premier d’une agence est avant tout de mettre en lumière le contenu et les valeurs du client, la seule option optimale est de se tourner vers des équipes professionnelles comme eux. « Le client n’a pas nécessairement l’expertise ni les connaissances nécessaires pour se mettre en valeur et obtenir un rendu professionnel qui le distinguera de sa concurrence. Nous, on accompagne le client de A à Z », indique d’emblée Mme Mattias, en comparant l’assistance humaine de Webrio à celle robotique, avec délais interminables, offerte par les plateformes Web. 

« Le client a un besoin particulier, il frappera un mur lorsqu’il réalisera qu’il ne pourra pas illustrer son idée en raison des limites du système », ajoute M. Lamarre en prenant l’exemple des widgets de Wix.  

L’enseignant en technique de l’informatique attire l’attention sur un nouvel enjeu : celui des femmes dans l’industrie technologique. Selon lui, la dynamique d’une classe change selon la présence des femmes et celles-ci pourraient être avantagées dans le milieu pour encourager la diversité au sein d’une compagnie. (Photo : Mély-Anne Dupuis)

Du côté de l’enseignant en Technique de l’informatiques du Cégep de Chitoutimi, Steeve Godmaire, il est primordial de faire la part des choses. Il croit que ces plateformes sont au contraire avantageuses autant pour le client autonome, qui souhaite économiser du temps et de l’argent, que pour les firmes, qui se permettent de les utiliser comme intermédiaire. « Les plateformes sont offertes à monsieur et madame Tout-le-Monde, en revanche, le webmestre est beaucoup plus outillé, il sait les utiliser à leur pleine capacité », précise M. Godmaire. Selon le raisonnement de l’enseignant, Mathis n’a pas lieu de s’inquiéter; la variété des profils utilisateurs assure la constante demande pour l’industrie des technologies de l’information. 

 

 

À propos de Mély-Anne Dupuis

Du haut de ses 4 pieds 11, Mély-Anne Dupuis ne laisse personne indifférent. Sang asiatique et âme québécoise, la jeune fille de l’Assomption a été plongée dès ses 7 ans dans l'univers de la télévision grâce à une prestation de guitare électrique à « 0 à mille » ainsi qu’à ses 13 ans, avec une co-animation à « Salut bonjour ». C'est alors que son désir de travailler en communication s’est précisé. Assoiffée de découvertes, elle souhaite, à son tour, partager les siennes à travers l’écran. L’ouverture d'esprit et la volonté sont deux de ses plus grandes valeurs. Pour elle, chaque jour est une opportunité supplémentaire afin de perfectionner ses aptitudes. Elle n'a pas peur de se jeter à l'eau et de surmonter ses faiblesses, notamment en s'impliquant dans de nombreux comités.

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