Maxime démystifie la schizophénie

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À 18 ans, le diagnostic tombe : Maxime est schizophrène. Il entend des voix dans sa tête. « C’était effrayant. Ça fait l’effet d’une gifle au visage. » Le mois d’octobre 2016 restera longtemps gravé dans sa mémoire. Assis dans le bureau du docteur, accompagné de sa mère et de son grand-père, sa vie a basculé en l’espace d’une seconde. Une seconde qu’il aurait aimé effacer. 

Neuf mois avant d’apprendre ce qu’il redoutait, Maxime Desmeules s’est retrouvé dans un bar avec ses amis. L’un d’entre eux était loin de se douter qu’il aurait été attaqué si Maxime n’avait pas dit non à une voix dans sa tête, MadMax, qui lui répétait d’agresser son ami. Un point de non-retour pour Maxime. « Ça a été l’élément déclencheur. J’ai compris que j’avais un problème. C’était vraiment difficile à admettre, mais j’en ai parlé à ma mère. Tout a changé à partir de ce moment », retrace-t-il avec un sentiment de soulagement. 

La mère de Maxime, Annie Desmeules, a durement accueilli la nouvelle. « Je m’en suis voulu longtemps. Je me demandais ce que j’aurais pu faire différemment. J’allais même jusqu’à me questionner sur ce que j’avais mangé pendant ma grossesse, je pensais que j’y étais pour quelque chose. » Aujourd’hui dans l’acceptation, elle ne pourrait pas être plus fière du parcours de son fils, qui compte reprendre ses études en cinéma après un arrêt de quelques mois.  

Une enfance pas comme les autres 

Après un moment de silence, le jeune homme de 24 ans s’est confié sur son adolescence douloureuse. « À l’école, je ne comprenais pas que les autres ne frappaient pas leur tête sur leur bureau comme moi. Eux, ils maitrisaient leurs voix et ils ne faisaient pas de crise. C’était vraiment difficile pour l’estime », raconte-t-il avec émotions. Pour lui, MadMax représentait une accumulation de son passé parsemé d’embuches. Déménagements, peu d’amis et surtout, père absent. « À quatre ans et demi, il nous a abandonnés moi, ma sœur et ma mère. C’est mon grand-père Jacques qui est devenu ma figure paternelle. C’est un homme exceptionnel. »  

À l’inverse de MadMax, ce sont aujourd’hui Félicia, Héléna et Joker qui l’accompagnent dans son quotidien, eux qui lui offrent confort et positivisme. Pour extérioriser ses amis, il choisit de les dessiner pour ensuite les conserver dans un cartable où tous ceux qu’il voit sont placés.  

La schizophrénie sans tabou 

En 2018, l’histoire de Maxime avait fait l’objet d’un reportage réalisé par des finissants en journalisme et diffusé sur YouTube. Par hasard, elle a été vue cet automne par des policiers et Maxime a été invité par le service de police de Longueuil à donner une conférence dans le cadre de la Semaine sur la santé mentale.  

C’est devant 60 premiers répondants que Maxime s’est livré à cœur ouvert, le 2 novembre dernier. Il est reconnaissant d’avoir eu la chance de partager son expérience devant des gens qui l’estiment beaucoup. Au retour de l’évènement où il a été félicité pour son courage et sa persévérance, Maxime avoue garder les portes ouvertes si d’autres occasions comme celles-ci se présentent. « J’adorerais donner d’autres conférences pour démystifier les tabous sur la schizophrénie. » 

Maxime est en convalescence après avoir subi une opération. Il garde le sourire malgré tout.
(Photo : Juliette Babin )

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