mercredi , 10 août 2022

Vivre du théâtre au Saguenay : un monde de possibilités

Même avec la pandémie qui a fragilisé le monde du théâtre, la directrice artistique du Théâtre CRI voit d’un bon œil l’avenir de ce champ artistique en région.Photo courtoisie : Sandra Mélanie Belley

Les neufs compagnies théâtrales de la région et les nombreuses opportunités d’œuvrer dans ce milieu permettent à la région de se tailler une place de choix parmi les principaux pôles de l’art dramatique au Québec. « La région est la plus dynamique en théâtre professionnel de la province», affirme la directrice artistique du Théâtre CRI, Guylaine Rivard.

Il y a 20 ans c’était une tout autre histoire selon Guylaine Rivard. «Quand j’ai débuté ma carrière, il y avait trois compagnies de théâtre et c’était difficile de s’installer ici. Après nos études à Montréal, mon conjoint et moi avons décidé de revenir avec l’objectif de donner la chance aux comédiens d’être dans l’action. On ne voulait plus que les gens attendent les appels. Deux décennies plus tard, il y a un nombre record de compagnies et le travail de tous les artisans du Saguenay permet aux jeunes artistes d’évoluer dans un écosystème dynamique. Les comédiens sont d’ailleurs de plus en plus demandés. On doit même réserver des artistes tant il y a du travail pour eux », raconte Guylaine Rivard.

Les défis en lien avec le domaine restent les mêmes qu’à Montréal et Québec selon la directrice artistique du Théâtre CRI. Vivre de son art sans travailler dans d’autres domaines reste complexe au Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout comme ailleurs au Québec.

Guylaine Rivard considère qu’une des meilleures manières de réussir à tirer son épingle du jeu dans le milieu est de travailler une pratique hybride qui ne se centralise pas uniquement sur le jeu d’acteur.

Si Émile-Olivier Tremblay a choisi de suivre ses études à Chicoutimi, c’est entre autres en raison des multiples opportunités d’évoluer dans la sphère théâtrale présentes dans la ville. « J’étais inquiet au départ des chances de percer. Avec le baccalauréat, j’ai réalisé qu’en plus d’être comédien, je peux faire de la mise en scène et de l’écriture. C’est important d’informer les gens, il y a du théâtre intéressant dans la région et beaucoup de portes s’ouvrent aux artistes pour vivre de l’art », ajoute-t-il.

« C’est plus facile de se faire remarquer et de se faire des contacts en vivant en région », lance le finissant au baccalauréat interdisciplinaire en arts. « La proximité est un énorme atout. En ville, c’est plus froid et les gens du milieu sont distants. On ne parle pas d’humain à humain comme au Saguenay. L’esprit d’équipe est fort dans le coin. Le seul désavantage que je vois vraiment, c’est que si tu te plantes, tout le monde est au courant », rigole le jeune comédien.

Même avec la pandémie qui a fragilisé le monde du théâtre, la directrice artistique du Théâtre CRI voit d’un bon œil l’avenir de ce champ artistique en région. L’artiste Émile-Olivier Tremblay est du même avis. « Le Saguenay est un épicentre et je crois que l’effervescence va continuer de se développer. La pandémie a prouvé que notre art ne va pas mourir », met de l’avant celui qui admet que la pérennité des arts de la scène dépend du renouvellement des approches.

À propos de Gabrielle Simard

Pour Gabrielle, les mots sont comparables aux crayons de cire ; ils sont offerts en plusieurs teintes et permettent, lorsque bien utilisés, de colorier la plus complexe des jungles. Impliquée, imaginative et appliquée, elle a la justice et l’égalité tatouées sur le cœur. Son esprit fougueux stimulé par l’être humain, les arts, l’apprentissage, la discussion et la réflexion cherche toujours à en apprendre un peu plus sur tout. Étant originaire d’Arvida, la jeune allumée par l’écriture s’intéresse aux phénomènes sociaux et voit une richesse inépuisable dans chacun des humains qui comportent notre monde. Gabrielle évolue comme journaliste culturelle et généraliste au sein de la coopérative de l’information Le Quotidien depuis mai 2021. Comme elle juge primordial de s’investir dans son milieu, celle qui adore les découvertes œuvre également en tant que codirectrice et journaliste au magazine web La Cerise depuis trois ans. Pour occuper ses temps libres, Gabrielle s’investit dans Cégeps en spectacle, compose des mélodies, consomme sans modération des documentaires et se prête à des séances d’écriture une tisane à la main.

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