Coût de la vie : les organismes appelés en renfort

La banque alimentaire Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean reçoit un surplus de demandes de 30 à 40 % de la part des 88 organismes qu’elle dessert dans la région. La hausse du coût de la vie et du taux d’intérêt, ainsi que la guerre en Ukraine sont les principaux coupables.

Les récentes augmentations du coût de la vie font monter considérablement la sollicitation envers les organismes communautaires et d’aide alimentaire de la région. La santé financière a été fragilisée de manière générale, alors que de nouvelles personnes doivent demander de l’aide et que celles déjà en difficulté se retrouvent dans une situation encore plus précaire.

Selon le directeur général de Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean, Yanick Soumis, la pandémie, avec ses répercussions sur la hausse de l’inflation, a d’ailleurs permis une prise de conscience générale. « Ça a fait prendre conscience à bien des personnes, entreprises et gouvernements, qu’il y a des gens dans le besoin. Il y en a qui l’étaient avant et qui le sont encore plus. Cela a entraîné des conséquences positives sur l’urgence alimentaire. On espère continuer sur ce momentum pour qu’il y ait encore plus d’argent pour aider ces personnes », admet-il.

Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean va chercher de 4 à 5 fois par semaine les denrées alimentaires invendues dans les différentes épiceries. (Photo : courtoisie)

De son côté, le président du conseil particulier de Chicoutimi de la Saint-Vincent de Paul, Jean-Eudes Tremblay, voit plusieurs nouveaux visages cogner à sa porte. Selon lui, ce sont surtout la détresse et l’inquiétude qui se font sentir, en particulier chez les personnes seules. « Tantôt, j’ai rempli une demande d’une personne et elle pleurait au téléphone. Quand je suis allé lui porter de l’aide, elle pleurait aussi. Elle était vraiment découragée. Il y a beaucoup d’inquiétude, parce que les gens ne savent pas jusqu’où ça va arrêter et c’est désarmant de voir ça », a confié M. Tremblay.

Avec la montée des prix des aliments, la Saint-Vincent de Paul n’a eu d’autres choix que d’augmenter de 10 à 20 % les montants qu’elle donne aux personnes dans le besoin pour réduire les impacts sur leur épicerie. Plus encore, tandis que cela n’arrivait que rarement avant, l’organisme doit aussi leur donner de l’argent pour couvrir les frais d’essence nécessaires à leurs déplacements dans les supermarchés en raison de la flambée du coût du pétrole.

Le comptoir vestimentaire de la Saint-Vincent de Paul est aussi très prisé, alors que les morceaux coûtent un maximum de trois dollars chacun. (Photo : Katya D’Amour)

L’augmentation du prix des aliments amène toutefois des effets positifs pour les banques alimentaires. Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean entrepose et redistribue les denrées non vendues grâce au programme de récupération des supermarchés (PRS). Comme les prix des produits sont plus élevés, les invendus dans les épiceries sont présents en plus grande quantité et qualité. « On peut redistribuer plus de qualité auprès des organismes et ça, c’est hyper important. Ils peuvent offrir une alimentation saine aux plus démunis », explique le directeur général Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean, Yanick Soumis.

À propos de Katya D'amour

Katya D’Amour a grandi à Arvida au Saguenay. Toujours un crayon à la main et un ballon de soccer au pied, elle a voulu jumeler ses deux passions en étudiant en Art et technologie des médias (ATM) pour devenir journaliste sportive. Lors de ses deux premières années de technique, elle a appris à développer d’autres champs d’intérêt comme la culture, l’économie, les faits divers et la politique. Souvent perçue comme une « force tranquille », la jeune femme de 19 ans se démarque par son éthique de travail. Très organisée et exigeante envers elle, Katya est constamment guidée par ses objectifs et ne craint pas de viser haut. En ce qui concerne son choix de carrière, elle préfère se laisser toutes les portes ouvertes en attendant de saisir les opportunités qui s’offriront à elle!

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