Stages non-rémunérés : un problème pour des étudiantes

« Si je n’avais pas eu un travail à temps partiel pendant mon stage, j’aurais lâché. Je suis sûre qu’il y en a qui le font. » Finissante en éducation spécialisée, Stéphanie Therrien souhaiterait que les milieux de stages offrent une rémunération à leurs stagiaires. Cette pratique n’est pas répandue, particulièrement dans des domaines majoritairement féminins.

Stéphanie, 25 ans, termine sa formation collégiale au Centre Saint-Georges de Chicoutimi, où elle passe environ 35 heures par semaine sans toucher un sou. Habitant seule en appartement, elle est obligée d’avoir un emploi supplémentaire pour suivre le coût de la vie qui grimpe en flèche dernièrement.

« Si j’avais pu, je n’aurais pas travaillé, avoue-t-elle. Chez moi, j’ai seulement des déjeuners. Je vais manger chez mes parents pour me sauver des dépenses. Au mois de janvier et février, ça a été difficile financièrement. »

La jeune femme affirme cependant « comprendre les deux côtés de la médaille ». Ce ne sont pas tous les employeurs qui peuvent se permettre de rémunérer un stagiaire, à son avis.

Pour la professeure de marketing à l’UQAC Myriam Ertz, la raison est plus simple : légalement, ce n’est tout simplement pas obligatoire.

« Un stagiaire n’est pas considéré comme un employé, souligne-t-elle. Il possède un autre statut, la nuance est très importante. L’organisation n’a aucun devoir envers lui, hormis de respecter ce qui a été convenu dans sa convention de stage, au début du processus. »

Native d’Alma, Anny-Claude Morel complète sa formation universitaire en travail social au CIUSSS de Chaudière-Appalaches. C’est un stage de longue haleine : elle doit y passer 30 heures par semaine, pendant 30 semaines. Mais elle n’est pas rémunérée.

Anny-Claude Morel, 22 ans, étudie sur le campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). (Photo : courtoisie)

 

« J’ai quand même la chance d’avoir des parents qui m’aident beaucoup financièrement, relève-t-elle. Je n’imagine même pas ceux qui n’ont pas ça. »

Dans les dernières semaines, des jeunes de toute la province se sont prononcés contre la non-rémunération des stages de finissants. Myriam Ertz tient à rappeler que pour une entreprise, embaucher un stagiaire veut parfois dire distribuer des tâches qui seront complétées moins rapidement.

« Il ne faut pas oublier que le stagiaire est considéré comme en formation. C’est comme un produit non fini, en cours de développement. Par définition, il est en apprentissage. »

Pour la rémunération des stagiaires, il faut également considérer l’aspect de la complexité des habiletés requises. Une personne spécialisée en sciences pures aura plus de chances qu’une autre en soins de la personne, par exemple.

« Si la compétence recherchée dans le cadre du stage est rare ou pointue, l’entreprise va mettre de l’argent sur la table pour s’assurer d’avoir quelqu’un, explique la professeure de marketing. Si c’est une habileté commune, il y aura une forte offre, donc pas d’argent. »

À propos de William Thériault

Véritable passionné d’actualité et d’information, William Thériault a le journalisme dans le sang. C’est un rêveur touche-à-tout qui travaille fort au quotidien pour faire carrière dans les médias, domaine dans lequel il baigne depuis son adolescence. Le sport étant son amour de jeunesse, William signe des textes pour les blogues AlleyOop360, Passion MLB et DansLesCoulisses. En étudiant en ATM, il a toutefois réalisé qu’il n’y a pas que le sport qui compte. Aujourd’hui, il s'intéresse pratiquement à tout - et c’est la politique qui l’allume particulièrement. Natif de l’Île-Perrot en Montérégie, le jeune homme aspire à connaître une carrière bien remplie, qui toucherait idéalement à la presse écrite, la radio et la télévision. Grand amateur de voyage ayant pour objectif de poser le pied sur chacun des continents, ce jeune fonceur tire fierté en sa rigueur à la tâche, se laisse guider par son esprit d’analyse et se nourrit d’une curiosité qui ne cesse de grandir.

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