Les sols fragilisés par le changement climatique

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Le sol argileux est sensible au remaniement, ce qui veut dire qu’il y a plus de chances de coulées argileuses sur un terrain qui a déjà eu des glissements.

Avec l’augmentation de précipitations causées par les changements climatiques, les sols argileux de la région s’affaiblissent plus rapidement, ce qui peut causer des glissements de terrain plus fréquents. Selon des spécialistes, il serait sûrement temps de faire une série d’études supplémentaire sur les zones à risque.

La plupart du Saguenay–Lac-Saint-Jean est composée de sols argileux. Ceux-ci sont déjà jugés plus sensibles aux glissements de terrain. Selon la spécialiste des risques géologiques au Département de génie civil et de génie des eaux de l’Université Laval, Ariane Locat, le sol se remplit d’eau lors des grandes précipitations. Ceci fait de la pression dans le sol, étant donné que l’eau est incompressible. Le sol devient donc moins stable.

Mme Locat a aussi mentionné l’érosion côtière, un phénomène naturel qui pourrait être accéléré par l’abondance de précipitations.

Selon un géologue junior, Fabrice Mercier, la région contient beaucoup d’argile du type fragile, une sorte de sol contenant beaucoup de cristaux de sel. Ceux-ci se défont lorsqu’ils sont souvent en contact avec de l’eau, ce qui peut affaiblir le sol. « Une simple vibration moindrement intense, un petit tremblement de terre, une construction pourrait faire effondrer la colline d’argile et provoquer un glissement de terrain », ajoute M. Mercier, démontrant à quel point les fortes précipitations pourraient affaiblir le sol.

M. Mercier ajoute que la hausse de précipitations pourrait rendre de nouveaux terrains instables. Le cas échéant, les infrastructures de ces zones ne seraient pas bâties en fonction, ce qui pourrait engendrer des problèmes. Le directeur exécutif du consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques d’Ouranos, Alain Bourque, renchérit cette idée en pointant le fait que « les infrastructures ne sont plus optimisées pour le climat selon lequel elles ont été conçues ».

Afin de contrer les impacts de ce nouveau climat, Mme Locat rapporte qu’il est important d’« éviter de charger le sommet d’une pente et de décharger le bas de la pente », un conseil qui s’applique aussi aux terrains privés des citoyens.  Selon M. Mercier, il serait aussi important de prendre davantage en considération la présence des ruisseaux et rivières, étant donné que ceux-ci peuvent gruger le bas d’une pente et augmenter son inclinaison. Il a également recommandé de mettre en place des assouplissements de pentes dans tous les secteurs à risque de manière graduelle.

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