Les victimes de violence conjugale peinent à se loger

La crise du logement est un nouvel obstacle que les femmes victimes de violence conjugale doivent surmonter afin de se sentir en sécurité. Trouver une nouvelle résidence, payer ses propres dépenses et s’échapper de situations toxiques font partie des réalités de plus en plus de femmes au Québec.  

 

C’est le cas d’Alice (nom fictif). Depuis 2018, elle doit s’assurer de rester loin de son ex-conjoint, devenu violent et abusif avec elle. « J’ai dû faire des pieds et des mains pour m’assurer d’être en sécurité », confie-t-elle. Au-delà des prix exorbitants et du manque de logements propres et adéquats, la peur est la chose qui la préoccupe le plus. La peur d’être jugée par un propriétaire qui pourrait lui refuser une location, la peur d’être retrouvée par son ancien copain, ou encore la peur de devoir retourner dans son ancienne vie.  

« En moyenne par année, c’est environ 2 300 femmes et 2 000 enfants qu’on accueille dans nos 45 maisons à l’échelle de la province », affirme la responsable des dossiers liés à l’intervention et à la problématique du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Lafortune. Lorsque les femmes sont prêtes à quitter les maisons d’hébergement, plusieurs se trouvent face à face à cette problématique qui dans certains cas, est une question de vie ou de mort.   

 

Vivre dans des logements insalubres, devoir s’éloigner dans des quartiers dangereux et trouver des appartements trop petits pour une famille sont souvent les options qui s’offrent aux femmes, désirant se sortir de quotidiens difficiles. D’autres considèrent qu’elles n’ont pas le choix de rester.  « C’est une situation qui emprisonne les femmes dans leur réalité de violence conjugale. Dans quelques cas, elles se sentent véritablement coincées », souligne Mme Lafortune.  

 

Dans la région 

Le Saguenay Lac-Saint-Jean est lui aussi victime de cet enjeu provincial. « On est tout le temps complet. Une femme quitte, une autre arrive. C’est le cas de la trop grande majorité des maisons d’hébergement », explique l’intervenante de prévention, de sensibilisation et de visibilité de la Chambrée à Jonquière, Cynthia St-Louis. Selon elle, en raison de la crise du logement, plusieurs femmes se sont senties obligées de retrouver leur réalité d’autrefois, chose qui inquiète particulièrement les intervenants en violence conjugale.

Les femmes victimes de violence conjugale se retrouvent dans des situations malheureuses, parfois même, dans la rue.
(Photo: Corinne Krusa)

« À travers les procédures judiciaires, je vis avec la peur constante qu’il trouve où j’habite et l’inquiétude qu’il vienne chez mes parents pour aller tout démolir (…) J’ai dû refuser plusieurs offres de logement qui auraient été trop faciles à trouver pour lui », souligne Alice. Maintenant saine et sauve, elle tente de se relever de cette épreuve qui, comme plusieurs autres victimes, a changé sa vie.  

À propos de Corinne Krusa

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Originaire de Québec, Corinne Krusa rêvait dès son plus jeune âge, d’être devant la caméra. Elle a pris part à de nombreuses comédies musicales pendant son adolescence et son affection pour les arts n’a fait que grandir depuis. Aujourd’hui, cette fibre artistique vibre toujours en elle, et elle se transmet à travers ses écrits journalistiques. Elle ne se gêne pas pour sortir et crier à l'injustice quand une cause lui tient à cœur, ce qui explique son intérêt pour le monde juridique et les enquêtes. Corinne aspire à poursuivre ses études en droit pour pousser ses connaissances et éclaircir quelques mystères non-résolus. C’est une jeune femme inspirante, brillante et passionnée. Elle est dotée d’une sincérité incomparable, qualité primordiale pour le métier de journaliste. Elle s’est impliquée dans La Cerise, un webmagazine étudiant, le journalisme n’est donc pas chose nouvelle pour Corinne. Elle a beaucoup retiré de cette expérience et est maintenant prête à s’attaquer au monde des médias. Retenez bien son nom, car vous n’aurez pas fini de l'entendre.

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