Exposition de Chantale Boulianne: l’art pour se reconstruire

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L’artiste Chantale Boulianne à la rencontre de son public lors de son vernissage.

Après avoir perdu un proche lors d’un brutal accident de la route, l’artiste Chantale Boulianne a voulu représenter son parcours vers sa guérison. Son exposition Les méandres d’un itinéraire fortuit, qui compte 75 pièces de sérigraphie sur panneaux de particules, est exposée à la Galerie d’art du Cégep de Jonquière jusqu’au 20 février.

À l’occasion du vernissage, tenu jeudi soir, Chantale Boulianne a pu expliquer sa démarche. L’artiste partage à travers sa première série Mécanique d’un débordement l’incident qui l’a chamboulée.

« Je me suis dit que j’allais utiliser l’imagerie de cet évènement-là, mais sans que ce soit dramatique. Je voulais juste montrer cette réalité. Ce sont des images très ancrées dans mon historique personnel. » – Chantale Boulianne

C’est le miroir abstrait d’une perte tragique qu’elle illustre. Si les visiteurs se concentrent sur chacun des 50 panneaux, l’accident devient un casse-tête visuel avec des références cachées. Comme le numéro « 381 » qui revient souvent dans ses œuvres, en lien avec le lieu de l’évènement.

L’exposition est disponible jusqu’au 20 février 2023 à la galerie d’art du Cégep de Jonquière.

 

Au fur et à mesure, l’évolution de la situation est de plus en plus perceptible et les 25 panneaux de la deuxième série Réhabiter se lient avec la suite de son histoire. « Je parle de l’après, comment on fait pour réinvestir notre vie », explique-t-elle.

Les visiteurs étaient touchés par la vulnérabilité de l’artiste à travers les œuvres présentées. « C’est vraiment intéressant de voir comment elle a traité le sujet qui de base peut être très lourd, mais elle le fait avec légèreté. Son message est très clair et inspirant. Des pièces toutes plus uniques les unes que les autres, ça rend le tout très singulier », souligne l’étudiante en art visuel Marie Cazot.

Des traces indélébiles

Le canevas de ses œuvres sort de l’ordinaire. Chantale Boulianne a recyclé un panneau qui servait de couche protectrice pour une machine de découpe en guise de base. Ce morceau plein de découpes l’inspire beaucoup. « Je trouvais que ça faisait une belle métaphore sur les évènements qui nous arrivent et qu’on ne prévoie pas, que ce soit positif ou négatif ça laisse une trace. Après on se construit au fur et à mesure avec ces évènements-là », partage l’artiste.

 

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