Hausse des taxes sur le tabac : un pas dans la bonne direction

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La hausse des taxes est documentée comme étant utile dans la diminution du nombre de consommateur⋅trice⋅s de produits du tabac selon la littérature scientifique, soutient Slaury Doucas, co-directrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. (Photo : 123rf)

La nouvelle hausse des taxes sur les produits du tabac au Québec semble encore loin de faire changer d’idée les fumeureuses du Saguenay–Lac-Saint-Jean. En revanche, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT) défend que la mesure s’inscrit comme un pas dans la bonne direction dans la lutte au tabagisme.

« L’augmentation ce n’est pas une mesure magique, mais c’est reconnu par la littérature scientifique que ça fonctionne pour réduire la consommation », a fait valoir d’entrée de jeu, Flory Doucas, co-directrice de la CQCT.

La cartouche de 200 cigarettes qui était taxée à 29,80 $ depuis presque 10 ans, sera taxée à 37,80 $ à compter de jeudi. En ce qui a trait à la taxe spécifique, la hausse prévoit une croissance de quatre cents par cigarette.

« Ça n’aura pas beaucoup d’effet sur ma consommation. C’est encore minime comme hausse », a partagé Michael Ratté, un fumeur abordé du côté de Jonquière.

Plusieurs autres fumeurs se sont d’ailleurs ralliés à ce point de vue lors d’une tournée de La Pige à Saguenay. « Des taxes il y en aura toujours. On n’y échappe pas », a commenté un autre individu qui ne s’est pas identifié.

Indexer la taxe, une solution

Malgré le fait que la CQCT salue l’initiative de Québec dans la lutte au tabagisme, beaucoup reste à faire, a assuré Mme Doucas.

« L’idéal, minimalement, ce serait que la taxe sur le tabac soit indexée au coût de la vie. La dernière augmentation date de 2014 et ce serait souhaitable que l’on continue, à court terme, d’accroître le montant perçu sur les produits. »

La contrebande n’a jamais été une porte de sortie pour les consommateur⋅trice⋅s dans l’histoire de la majoration des taxes au Québec, a affirmé Flory Doucas. « La part du marché de contrebande a stagné à 12 % autant en 2012 qu’en 2014. Traduction, les gens ne se tournent pas plus vers l’illégal quand le prix monte. »

Réinvestir les taxes perçues

Le Québec compte encore 1,1 million de fumeurs au, dont 18 000 âgés entre 12 et 18 ans. La porte-parole de la Coalition espère fortement que les nouveaux revenus qui garniront les coffres de l’État seront réinvestis pour lutter contre la dépendance au tabac.

« Les experts disent que Québec n’en fait pas assez pour aider aux arrêts tabagiques. Arrêter de fumer c’est difficile, c’est une dépendance très forte. Il devrait y avoir une mobilisation pour que plus de ressources soient offertes à ceux qui désirent arrêter », a-t-elle lancé.

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