La possible fermeture d’Interligne inquiète

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Interligne est le seul service d’écoute d’urgence pour la communauté LGBTQ+ de la région.

Le rejet, par le gouvernement caquiste, de la motion exigeant d’octroyer à l’organisme Interligne les fonds essentiels pour la poursuite de son service d’écoute de nuit inquiète l’organisme Diversité 02. Interligne est la seule ressource d’urgence au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la communauté 2SLGBTQIA+. 

« Le minimum que ça me prend pour être capable de fonctionner, c’est 300 000$. Le montant a deux objectifs. Le premier est de sauver le service de nuit qui nous coûte environ 150 000$. L’autre 150 000$, c’est pour mettre en place des conditions de travail décentes pour l’ensemble des employés de l’organisme », explique le directeur général d’Interligne, Pascal Vaillancourt. Faute de financement, l’organisme devra sûrement fermer son service de nuit, qui soutient un bon nombre de personnes de la communauté au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Interligne cesserait l’écoute de nuit le 31 mars. 

« On reçoit beaucoup de demandes du Saguenay. Chez Interligne, la moitié des demandes vient du Grand Montréal et l’autre moitié vient des régions du Québec. Si Interligne disparait, la ressource d’urgence spécialisée dans les enjeux LGBTQ+ n’existera plus au Saguenay », déplore M. Vaillancourt. 

Appeler le 811 

En réaction au refus de la motion, le député caquiste de Jonquière, Yannick Gagnon, a déclaré que son parti est sensible à la situation des personnes LGBTQ+ qui vivent des enjeux de santé mentale et qui ont besoin d’en parler. Il a précisé que c’est pour cette raison que le service 811 Info-Social est offert, pour offrir une ligne d’écoute. 

L’ennui, selon Pascal Vaillancourt et la directrice de l’organisme Diversité 02, Roxanne Gervais, c’est que l’équipe du 811 n’est pas assez outillée pour écouter et conseiller la clientèle de la diversité sexuelle et de genre.  

« Quand tu vis de la détresse parce que tu n’es jamais reconnu dans ton milieu, qu’on ne reconnait pas ton identité, et que tu appelles un service qui, par manque de connaissances, n’utilise pas le bon genre en parlant de toi, tu vies une micro-agression en allant chercher de l’aide », fait valoir le directeur d’Interligne. 

La charge revient à Diversité 02 

« Évidemment quand on coupe un service, on met la pression sur un autre service », indique la directrice de Diversité 02, le seul organisme pour l’inclusion de la communauté 2SLGBTQIA+ dans la région. Son équipe, qui ne fait pas de relation d’aide, réfère actuellement beaucoup d’usagers et d’usagères à Interligne, les soirs et les fins de semaine. Elle ajoute que la possible fermeture des services d’Interligne complique la tâche pour référer les personnes en détresse. 

La directrice générale de Diversité 02, Roxanne Gervais, soutient qu’il faut être formé pour intervenir auprès des communautés LGBTQ+.

Selon Roxanne Gervais, dans le cas où Interligne cesserait ses activités de nuit, les services d’appels d’urgence de la région, comme le 811, Tel-Aide ou les centres de prévention du suicide, en verraient les impacts en quelques mois

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