Comment illustre-t-on une couverture de livre ?

223
0
Partagez :

Stéphane Poirier est un collaborateur régulier des éditions de La Peuplade. Cette couverture n’est pas la première qu’il réalise pour un livre de Daniel Canty. Photo : Théo Laroche 

Pertinente, intrigante, colorée, parfois tout à la fois, la couverture est la première image que l’on se fait d’un livre. Une vitrine élaborée, fruit d’un travail entre l’éditeur, l’illustrateur et l’auteur.

L’illustrateur est-il seulement la main de l’éditeur et l’écrivain ? Quelles sont ses libertés ? Lit-il le livre pour s’inspirer ? « Notre rôle c’est de susciter une émotion, d’attirer l’attention. L’auteur réalise le contenu et nous le contenant », décrypte Guillaume Boivin, illustrateur. Si la création revient à l’illustrateur, c’est bien l’éditeur qui chapeaute le tout.

« À la fin, c’est l’éditeur qui produit donc c’est lui qui décide », pose le dirigeant de la librairie Marie-Laura à Jonquière, Maximilien Bouchard. Habituellement, c’est donc l’éditeur qui propose l’illustrateur. « On repère leur travail et on les contacte si on apprécie, explique l’adjoint aux éditions de La Peuplade, Marc-Antoine Gilbert. Mais tout part du livre, chacun est abordé différemment, », précise-t-il.

« Chacun son travail »

Stéphane Poirier est un illustrateur renommé. Il a réalisé une douzaine de couvertures pour La Peuplade. « Ils m’ont connu par le bouche-à-oreille. Ça a été un travail d’équipe : j’ai rencontré l’auteur une fois, lu des extraits du livre. La maison d’édition m’a laissé carte blanche. On s’est juste entendus sur un style, des thématiques, des ambiances. J’ai fourni une dizaine d’esquisses et, avec l’éditeur, on a tranché », détaille-t-il.

Une version finale sur laquelle l’écrivain ne revient pas forcément. « J’ai eu de la chance, les auteurs n’ont jamais chialé sur mon travail, ils étaient ouverts », se souvient l’illustrateur. Selon Stéphane Poirier, l’auteur peut ne pas être le mieux placé pour juger le travail de l’illustrateur. « Ils n’ont pas forcément l’œil graphique. C’est comme ça, chacun son travail. »

Les liens se font et se défont

Auteurs et illustrateurs peuvent cependant se compléter, comme l’explique Guillaume Boivin, qui a illustré les livres pour enfants Dans ma tête ou encore Papa lève-toi. « On a travaillé la couverture ensemble. Ça l’a beaucoup améliorée. Parfois, l’auteur a un “flash d’inspiration” qu’il faut écouter. »

Des bonnes relations qui peuvent faire qu’une collaboration devienne régulière. « Parfois, ça “matche” entre l’auteur et l’illustrateur et ils se suivent sur plusieurs productions. Il arrive aussi que des auteurs nous proposent d’eux-mêmes un illustrateur », relève Marc-Antoine Gilbert.

Par ailleurs, certaines maisons d’édition ont des collections homogènes et conservent le même illustrateur, jusqu’à ce que soit venu le temps d’innover. « Nous avons une identité, mais parfois on aime essayer autre chose, nous renouveler », conclut Marc-Antoine Gilbert.

Partagez :
Avatar photo