Infirmière : un métier qui ne fait plus rêver 

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Selon Julie Boivin, les postes les plus difficiles à combler sont ceux des équipes volantes et des équipes de relève. (Photo : Esther Dabert) 

« On est aux antipodes de ce que réclame le gouvernement », affirme la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec au Saguenay-Lac-St-Jean, Julie Boivin. Alors que les exigences envers les soignants augmentent, le secteur de la santé peine à trouver du personnel. Parmi les emplois concernés se trouvent les infirmières, un poste qui ne semble plus faire rêver. 

« Plus d’une centaine de postes ne sont pas comblés dans la région, selon la présidente de la FIQ, Julie Boivin. Ce sont surtout ceux avec de la mobilité qui sont les plus difficiles à vivre, donc à combler. » Mathilde et Juliette, comme nous les appellerons puisqu’elles ont choisi de garder l’anonymat, abordent avec appréhension leur future vie d’infirmières. « Je n’ai pas d’enfant pour l’instant donc ce n’est pas grave si je reste tard le soir à l’hôpital, mais quand j’en aurai, je ne sais pas si je pourrai encore faire soir – nuit tout le temps », raconte Mathilde. 

Une opinion ambivalente

En plein cœur de l’action grâce à leurs stages, les étudiantes témoignent déjà d’un certain mal-être vis-à-vis des conditions de travail du milieu. « Des fois, on se sent un peu comme des numéros, on n’a même pas de vrai patron à qui se référer », rapporte Mathilde avec émotion. De son côté, Juliette essaye de rester positive. « C’est un beau métier, mais les conditions de travail ne sont pas bonnes. » Selon Julie Boivin, certains soignants préfèrent même se tourner vers des postes à temps partiel plutôt qu’être employés à temps plein avec une obligation de mobilité. Mais Juliette garde le cap. « S’il le faut je suis prête à aller travailler dans le Nord pour quelques années. Au moins on est logés, nourris et on a des congés », raconte-t-elle dans un sourire. Un point sur lequel Mathilde la rejoint. « C’est vrai que les salaires sont meilleurs et que c’est plus stimulant. On peut faire des choses qu’on ne ferait pas forcément en tant qu’infirmières, comme des points de suture. » Juliette, qui préfère voir le verre à moitié plein, a conscience de la valeur de son métier. « On est une génération chanceuse, il y a plein de postes et on peut changer facilement. »  

Mais les étudiantes ne cachent pas non plus leur crainte pour l’avenir. « Quand j’aurai des enfants, même si je suis payée le double en heures de nuit je ne pense pas que ça va suffire. J’appréhende vraiment la suite, ma vie de famille », rapporte Mathilde. Mais Juliette va même plus loin. Selon elle, « tu choisis presque avec qui tu fais ta vie en fonction des horaires. » 

Pour l’heure, les deux étudiantes terminent leur troisième année d’études avant de se tourner vers un BAC dans l’espoir « d’obtenir un beau poste. »

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