Un virage 100% numérique pour La Pige

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La Pige suit l’ère du temps et décide d’arrêter son impression papier. L’édition que vous lisez présentement sera donc la dernière de l’histoire que vous aurez la chance de tenir dans vos mains.

Depuis 1978, La Pige fait partie du paysage médiatique régional au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Avec une salle de presse de près d’une quarantaine d’étudiants, deux fois par mois, elle se fait le devoir de fournir à ses lecteurs de l’information de qualité sur des dossiers recherchés et d’actualité.

« On n’est pas un média étudiant, on est un journal où l’on traite de l’actualité régionale dans le vaste laboratoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Plusieurs aiment bien La Pige parce que c’est un regard neuf. Souvent nos étudiants vont donner plus de place aux sujets qui rejoignent davantage leurs valeurs. Nous n’avons pas de ligne éditoriale précise, mais je dis que c’est à l’image de la jeunesse d’aujourd’hui », explique la professeure de journalisme au Cégep de Jonquière Cathy Tremblay, qui supervise le travail des étudiants de 3e année depuis une vingtaine d’années.

Il y a 45 ans …
La création de ce journal n’a pas été de tout repos pour le fondateur, Michel Laprise. Pour permettre aux étudiants de participer à la concrétisation d’un journal (écriture, prise de photos et montage), les professeurs ont dû revisiter les grilles de cours. Pendant plus d’un été à travailler d’arrache-pied pour en arriver à un programme étoffé, le résultat était mieux sur papier qu’en réalité.

« Lorsque La Pige a commencé, nous étions publiés de manière hebdomadaire, pendant deux semaines. Les étudiants se sont rendus compte que ça n’avait pas de bon sens, la charge de travail était énorme. Les élèves ont donc décidé de faire la grève, ils ont tout simplement arrêté d’écrire. Après deux mois de discussions, nous sommes finalement devenus bimensuels et en a découlé le journal La Pige que l’on connait aujourd’hui », raconte le fondateur du journal et ancien professeur en ATM, Michel Laprise.

Depuis, les locaux de La Pige ont accueilli les plus grands du domaine journalistique québécois. « C’est ici qu’on forme la relève journalistique. Il y a de nombreux journalistes qui ont publié leur tout premier article chez nous à La Pige », mentionne l’enseignante Cathy Tremblay.

Ce n’est pas la fin!
La fin du papier ne signifie pas la fin de La Pige, mais bien l’arrivée de nouveaux défis. Il est encore possible de lire les articles sur le site web. La Pige reste engagée à fournir des informations de qualité à ses lecteurs, mais désormais à travers des écrans, confirme Mme Tremblay.

L’annonce de la fin de l’impression papier a suscité diverses réactions. Certains sont attachés et nostalgiques à la lecture papier tandis que d’autres sont contents de voir que les médias s’adaptent à leur mode de vie.

« C’est probablement plus un deuil pour nous les professeurs. Les prochaines cohortes, elles sont habituées à ça, le numérique. Le papier ce n’est pas quelque chose qu’ils connaissent et qu’ils côtoient. Alors, c’est sûr qu’ils ont un regard différent que nous sur la situation. C’est une génération de changement, ils ne vont que suivre la vague », explique Cathy Tremblay.

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