L’auto-édition, la liberté et les « requins »

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Trouver un éditeur qui accepte de publier un livre n’est pas chose aisée. Pour pallier ce problème, certains auteurs recourent à l’auto-édition. « Grâce à cette pratique, tout le monde peut être publié. Certains éditeurs “requins” ont compris la tendance et ont capitalisé sur cet engouement, en abusant des prix », lance l’écrivain Mathieu Villeneuve.

« Quelques maisons d’édition profitent de l’enthousiasme des écrivains pour réclamer des tarifs beaucoup trop élevés, renchérit la directrice de l’Union des Écrivains et des Écrivaines Québecois (UNEQ), Geneviève Lauzon. Certains auteurs se font avoir et nous avons des difficultés à les accompagner, car nous manquons de chiffres pour évaluer réellement le coût d’impression d’un livre »

Retenues sur rémunération 

« Les écrivains versent un certain montant à l’entreprise qui propose de les auto-éditer, puis cette dernière prend en charge la publication et, dans certains cas, la correction et la mise en page », précise la directrice. En contrepartie, la maison d’édition en question peut demander une retenue sur la rémunération, ou exiger d’autres conditions.

La Pige a contacté l’une de ces maisons d’édition, prétextant vouloir publier un roman de 50 pages. Il nous a été expliqué que le prix serait établi après lecture de l’ouvrage.

Un monde « d’une liberté absolue »

Geneviève Lauzon précise toutefois qu’à « l’UNEQ, nous ne condamnons évidemment aucune pratique, il y a du bon partout ». 

En l’occurrence, l’auto-édition offre une liberté absolue à l’auteur.  « Elle permet de publier des ouvrages qui ne seraient pas forcément acceptés dans certaines maisons d’édition, des œuvres un peu abrasives, qui écorchent l’esprit. C’est un monde tellement riche », fait valoir Mathieu Villeneuve. En raison de ce côté « un peu punk et indépendant », l’auteur a choisi d’auto-éditer son projet ouvrage. 

Contraintes de l’auto-édition

« Un écrivain auto-édité gère toute la chaîne de production, de la correction à la mise en page, en passant par le graphisme, l’impression et la diffusion », précise Geneviève Lauzon. Enfin, une fois publié, il est bien plus compliqué d’être exposé en librairies ou de participer aux salons du livre.

D’autant que certains auteurs sont confrontés à ces difficultés, non par convictions d’indépendance, mais par nécessité. « Beaucoup d’écrivains s’auto-éditent, car ils ont essuyé de nombreux refus de la part de maisons d’édition. Souvent, les investissements sont trop peu absorbés par les ventes, surtout quand les tarifs proposés par certains éditeurs sont trop élevés », conclut la présidente de l’UNEQ. 

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