La contraception gratuite : à quoi bon ?

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Anne-Sophie Gignac déplore un manque d’options pour les contraceptifs dédiés aux hommes, pour ceux qui souhaiteraient épauler leur partenaire.

La contraception entièrement gratuite serait un investissement financier avantageux pour l’État. C’est ce que croit la responsable du dossier de la contraception de la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), Anne-Sophie Gignac. Un programme offrant la gratuité réduirait les naissances non planifiées et l’iniquité entre les sexes, selon les intervenantes rencontrées.

La Colombie-Britannique profite de la gratuité de la contraception sous ordonnance depuis un an. Elle est la seule province canadienne à offrir ce programme. Les gains économiques liés au projet britanno-colombien seraient l’exemple à suivre, selon Mme Gignac. Une étude prouve qu’à chaque dollar investi en contraception, 90 $ sont sauvés en services sociaux pour la province du Pacifique.

La FQPN a lancé sa campagne Révolution contraceptive : Liberté de choix, égalité d’accès qui demande au gouvernement provincial de présenter un programme de contraception gratuite universelle.

Il est à noter que la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre les contraceptifs sous ordonnances pour les personnes de 18 ans et moins, alors que les étudiants en profitent jusqu’à 25 ans.

40% des grossesses ne sont pas planifiées au Canada, une statistique prouvant l’échec du système actuel, selon Mme Gignac. Elle soulève que la gratuité des méthodes contraceptives augmenterait leur usage.

Les utilisateurs couverts par la RAMQ doivent assumer d’emblée le coût du produit, puisque la Régie ne rembourse qu’après l’achat. Devant la somme à débourser, plusieurs se désistent, d’après Anne-Sophie Gignac.

Les données du gouvernement du Québec révèlent que le coût de la pilule contraceptive peut s’élever à 300 $ annuellement et l’implantation d’un stérilet, d’une durée de vie de 3 à 10 ans, coûte 400 $.

La responsable de la FQPN croit que le coût de départ d’un projet de gratuité rend les politiciens réticents. « La contraception gratuite apporterait des bénéfices plus tôt qu’on le pense. C’est seulement le coût de lancement qui peut affecter la décision des élus », affirme Anne-Sophie Gignac.

Un pas de plus pour l’équité des sexes

Un programme de gratuité permettrait le choix de la bonne méthode contraceptive sans que l’utilisateur se soucie du prix, d’après Émilie Veilleux.

L’infirmière clinicienne en soins à domicile chez Émédic à Chicoutimi, Émilie Veilleux, partage son avis sur l’importance de la gratuité de la contraception.

L’infirmière mentionne que les dépenses en contraception sont majoritairement assumées par la femme. « La gratuité est nécessaire pour l’équité des sexes, on est trop habitués d’écoper tout le temps », déclare-t-elle.

Aussi, commencer une méthode contraceptive peut engendrer des complications, affirme Mme Veilleux. Elle trouve dommage que les femmes doivent payer pour un traitement essentiel qui s’avère parfois « incommodant ».

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