Trop de pouvoir pour Rio Tinto?

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Source : Shutterstock.com/ RTA compte plus de 4000 employés dans la région et offre les salaires les plus compétitifs.

Récemment, Rio Tinto Aluminium (RTA) fait face à plusieurs critiques sur des enjeux différents. L’émission Enquête a d’ailleurs remis en question le supposé aluminium vert et les députés du Bloc Québécois déplorent la réduction du projet d’usine de billettes à Alma et le projet Elysis qui tarde à arriver. Il reste donc une question à se poser, est-ce que RTA possède trop de pouvoir sur les élus et la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean?

Alex Villemaire

Il faut d’abord comprendre l’envergure de RTA dans la région. Ce sont des installations à Jonquière, Arvida, Laterrière, La Baie et Alma. C’est sept barrages hydro-électriques aux quatre coins de la région et un lac de bauxite à Arvida. Comme vous pouvez voir, RTA est très bien installé dans la région et ça pourrait créer chez plusieurs la peur d’un départ de la multinationale. Pour l’ancien professeur de l’UQAC et économiste, Gilles Bergeron, ce n’est pas envisageable. « C’est une hypothèse que j’écarte […], Rio Tinto profite de plusieurs avantages hydro-électriques et on peut estimer à tout près de 400 millions de dollars par année d’avantages économique. » Donc pourquoi est-ce que les élus ne tiennent pas tête à l’entreprise?

Selon le député du Bloc Québécois, Mario Simard, ce sont les élus qui n’ont pas le courage de confronter la multinationale. Le député fédéral de Jonquière explique justement la stratégie de RTA face aux élus. « C’est simple, ils prennent les élus un à un lors de rencontres. Moi je ne pense pas qu’il faut faire ça, il faut que les élus se parlent entre eux pour avoir un message commun pour Rio Tinto. » Le député indique qu’il faut continuer de bénéficier de la compagnie et non le contraire. « Je crois que l’aluminium c’est une fierté régionale […], mais il faut qu’on reste gagnant dans la filière de l’aluminium. »

Mais bon les vraies personnes concernées sont les citoyens, je suis donc allé poser des questions aux habitants de Jonquière. « Ils rient de nous autres […], ils prennent notre argent puis après ils ne font pas les projets », explique un passant qui a travaillé 15 ans pour la compagnie. Un autre passant qui lui habite derrière le lac de Bauxite à Arvida avoue être inquiet. « Ils disent que c’est de l’aluminium vert, mais ce n’est pas vrai […], mon business est juste à côté du lac de Bauxite et ça m’inquiète beaucoup. » Toutefois, certains resteront plus frileux à l’idée de contredire la multinationale, « c’est sûr que sans Rio Tinto, il ne restera plus grand-chose dans la région », déclare un citoyen.

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