« On se rapproche plus des régions pour se rapprocher de ce qu’on était avant »

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Portrait de Nicole Kenmei

La visiteuse de l’exposition Cultures noires : découvertes et célébrations, Nicole Kenmei, a un coup de cœur pour ces deux tableaux « très typiques de l’Afrique avec les vêtements de nos ancêtres », selon elle. (Photo : Léa Morin-Letort) 

Une partie de la communauté afrodescendante souligne que l’intégration en région est plus facile que dans les grands centres québécois. Le milieu communautaire constate aussi le sens aigu de l’accueil au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« En région, j’ai retrouvé un peu cette chaleur africaine dans la façon dont les gens fonctionnent. Par exemple, ils arrivent sans prévenir et ils sont bienvenus. Ça me rapproche plus de l’Afrique que Montréal », raconte la visiteuse montréalaise Nicole Kenmei. La femme originaire du Cameroun vient à Saguenay régulièrement depuis 4 ans pour visiter son conjoint qui vit à Chicoutimi. 

« Je suis toujours émerveillée de voir comment le portrait de Chicoutimi change, c’est assez impressionnant.  Au début, je ne rencontrais pas de gens de la même couleur que moi », note Mme Kenwei.  Un intervenant du milieu communautaire abonde dans le même sens. Selon lui, « on est une petite région, on a plus tendance à se voir, on est moins inconnus contrairement aux grands centres comme Montréal ».

Portrait de Guy Landry Dongmo, Coordonnateur de l’organisme “Berceau de nos ancêtres”

« Ces tableaux représentent les guerriers africains et les guerrières africaines. Ça m’inspire la force, le courage, le combat qui semble ne jamais finir », relate le coordonnateur de l’organisme Berceau de nos ancêtres, Guy Landry Dongmo. (Photo : Léa Morin-Letort)

« Il y a 10 ans, la communauté noire était très minoritaire », constate le coordonnateur de l’organisme Berceau de nos ancêtres situé à Chicoutimi, Guy Landry Dongmo. Aujourd’hui, « il y a de plus en plus de gens de la communauté qui arrivent dans la région », poursuit celui qui a coorganisé l’exposition à la Galerie Sofia Art Studio de Jonquière. Selon l’intervenant du milieu communautaire, l’augmentation de la population noire a un impact sur son intégration dans la région. « La communauté camerounaise est la plus grande au Saguenay et au Québec », ce qui facilite le sentiment « d’être un peu plus chez soi », explique-t-il.

Les chiffres témoignent de cet accroissement. « La part des personnes issues de minorités visibles dans la population québécoise âgée de 15 à 64 ans a augmenté de plus du double en 20 ans » de 2001 à 2021, selon l’Institut de la statistique du Québec. D’après cet institut, la majorité de la population immigrante était noire en 2021.  À noter que les personnes noires représentaient à peine 5% au sein de la population québécoise en 2021, selon Statistique Canada. 

 

Des idées préconçues à démystifier 

« Les mentalités changent, mais il y a encore beaucoup de travail pour défaire les préjugés » concernant l’accueil des personnes afrodescendantes au Québec, observe Guy Landry Dongmo. Le racisme ordinaire reste présent dans la région, sous couvert de blagues, regrette M. Dongmo. « Par exemple, quand les Blancs disent que j’ai de la laine de mouton sur la tête. On me demande aussi si je suis brûlé, mais j’explique que ce sont des choses qui ne se disent pas », déplore-t-il. Bien que ces discussions se passent dans la bienveillance d’après lui et que ces commentaires sont moins fréquents, « c’est déplaisant pour la personne qui les reçoit », souligne l’homme originaire du Cameroun. 

C’est entre autres pour cette raison qu’une des missions de l’organisme Berceau de nos ancêtres est de « créer des moments où la communauté afrodescendante, la communauté québécoise, et d’autres communautés immigrantes se rencontrent pour défaire ces stéréotypes. » 

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