mercredi , 17 août 2022

Étudier à 8 000 kilomètres de chez soi à 18 ans

Alexis Lare et Laura Chan Razaivelo sont arrivés au Québec il y a deux semaines. Leur adaptation se fait, jusqu’à maintenant, très bien. Photo : Marc-Antoine Le Moignan

Pour la première fois de sa vie, la jeune Yawa Mariane Tsogbe, âgée de 18 ans, devra vivre sans ses parents, et ce, à près de 8000 kilomètres de chez elle, au Togo. La lauréate d’une bourse, financée par le ministère de l’Enseignement supérieur du Québec pour les étudiants internationaux, arrive au Saguenay dans l’inconnu avec un objectif clair : rendre fière sa famille.

« Ça change de chez moi. Ça me permet de découvrir un autre pays, une autre culture, de découvrir le monde finalement », explique l’étudiante en informatique. « Ça me faisait peur. J’essayais de ne pas le montrer à mes parents avant le départ pour ne pas les stresser. »

Yawa Mariane a vécu toute son enfance à Lomé, la capitale du Togo sur la côte du golfe de Guinée avec ses deux sœurs et son petit frère. Elle est passée par l’école primaire, avant de se diriger au lycée en comptabilité. « À la base, l’informatique me fascinait beaucoup, mais j’avais peur de m’inscrire, dit-elle. Quand j’ai eu la bourse et j’ai vu que le programme [informatique] était offert, je me suis dit que j’allais me lancer et découvrir. »

Elle a poursuivi son parcours à l’université pendant un an, tout en continuant les démarches vers le Québec. Et quelques mois plus tard, en décembre dernier, elle s’est retrouvée dans un tout nouveau pays complètement différent de la culture africaine.

« Le bonjour ici, c’est bon matin. Quand je suis arrivée, je comprenais un peu les mots, mais avec le débit et l’accent, j’avais du mal à comprendre ce que les gens disaient et je demandais toujours aux personnes de répéter », ajoute-t-elle avec un large sourire aux lèvres.

Le système scolaire est aussi différent. La relation entre les enseignants et les élèves au Togo est beaucoup plus limitée. Le tutoiement n’est pas permis, la charge de travail est beaucoup plus grande et le temps est restreint. « Le système au Togo, ça t’endurcit. Il y a énormément de compétition », explique-t-elle. Les interactions sont, selon elle, la chose qui diffère le plus les deux pays. « Le Togo, c’est très facile. Tu rencontres quelqu’un et tu te mets à lui parler comme si ça faisait longtemps que vous vous connaissiez. C’est une vie en communauté, mais ici, c’est chacun de son côté. C’est plus difficile, surtout pour se faire des amis. »

La chose à laquelle elle n’était pas préparée ; les hivers corsés du Saguenay. « Je m’étais préparée psychologiquement à ça, mais quand je suis arrivée, j’ai été surprise. Je ne m’y attendais pas. Je savais que j’aurais froid, mais pas à ce point-là », dit-elle en riant.

Elle poursuivra ses trois prochaines années en informatique à Jonquière, financée totalement par cette bourse qui permet de réunir les meilleurs étudiants francophones au pays.

Difficultés pour entrer au pays

Ce n’est pas un secret pour personne, les étudiants internationaux font face à beaucoup de problèmes pour passer les frontières canadiennes. Deux autres Africains, qui ont reçu la bourse d’excellence, témoignent de leurs problèmes.

Alexis Lare, lui aussi originaire du Togo, s’est vu refuser l’accès au pays à plusieurs reprises, en plus d’attendre près de cinq mois pour des données biométriques, ne croit pas qu’il aurait pu rentrer au Québec sans l’aide du service international offert par le Cégep de Jonquière. « Nathalie Houde (conseillère en information scolaire) essayait de faire tout ce qu’elle pouvait pour nous aider. Si elle n’avait pas été là, on ne serait jamais arrivé. »

Même constat pour la jeune femme de 19 ans provenant de Madagascar, Laura Chan Razaivelo. « J’ai eu beaucoup de problèmes avec les papiers. Dès que tu fais quelque chose de mal, il est impossible de poursuivre les démarches. »

Bien que les démarches soient complexes pour entrer au pays, tous sont d’accord sur la chance qu’ils ont de venir étudier au Québec dans leur programme favori. Alexis poursuivra en génie mécanique et Laura en soins infirmiers.

À propos de Marc-Antoine Le Moignan

Originaire de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, ce garçon a pris la direction de Rimouski à l’âge de 11 ans. Sportif depuis son plus jeune âge, Marc-Antoine a toujours rêvé de devenir commentateur sportif. À l’école secondaire, il a notamment été chroniqueur dans le volet sportif pendant ses cinq années. Visant toujours l’excellence, Marc-Antoine a pu rencontrer son premier défi dans le milieu des médias en tant que co-animateur à la radio au CFYX 93,3 à Rimouski l'été dernier. Ce jeune homme brillant espère poursuivre ses études en droit à l’université, mais n’a toujours pas la vérité absolue concernant son futur à moyen terme. Pleins d’ambitions et d’aspirations, il rêve d'œuvrer dans le domaine des médias.

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