«Quessé je fais icitte », une chanson au profit de la Maison de l’espoir

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C’est plus de 200 $ qui ont été amassés par la Maison de l’espoir jusqu’à maintenant par les téléchargements de  la chanson de Soucy « Quessé je fais icitte » sur la plateforme Bandcamp. Les revenus provenant de la diffusion à la radio seront aussi dédiés à l’organisme. (Crédit : Zachary Rivard)

L’auteur-compositeur-interprète Cédric Soucy lance une chanson au profit de la Maison de l’espoir du Saguenay. « Quessé je fais icitte » a été écrite grâce aux témoignages des adolescents vivants des difficultés personnelles, familiales ou scolaires.

Le projet a débuté en janvier dernier durant un atelier que l’artiste de la région donnait aux élèves du service d’intervention de jour. « C’était d’écrire une chanson avec les idées des jeunes pour présenter durant le spectacle bénéfice. »

Cédric Soucy a interprété une chanson de son répertoire dont le refrain choque : « J’ai tellement envie de tous vous envoyer chier. » Le Montréalais, originaire de La Baie, a ensuite demandé aux jeunes de décrire « ce qui eux leur donnait envie d’envoyer chier l’humanité ».

« J’avais un petit stress avant de venir. […] Je suis du genre à me préparer au pire. J’étais prêt. “Je vais leur demander qu’est-ce qui vous donne envie d’envoyer chier ?” J’étais prêt à ce qu’ils disent : toi ! »

La maison de l'espoir en plan large

La Maison de l’espoir de Saguenay accueille des garçons de 12 à 17 ans. (Crédit : Zachary Rivard)

« Donner aux jeunes, une manière de s’exprimer »

Le chanteur a été surpris de la réception des adolescents. Il explique s’être reconnu en eux. Ils écoutent les mêmes groupes de musique que lui à son âge. Certains jouent même d’un instrument.

D’ailleurs, dans les couloirs de la Maison de l’espoir, on observe quelques guitares usées par leurs nombreux jeunes propriétaires qui s’alternent ici tous les trois mois.

Les garçons qui y sont hébergés vivent des difficultés. « Parmi les choses qui revenaient souvent, il y avait le mensonge, les insultes, l’intimidation, l’incompréhension », se souvient Cédric Soucy.

« La chanson n’est pas vraiment triste, mais il y a de la nostalgie. Il y a des gens qui m’ont demandé : “il est où l’espoir ?”. On parle de la Maison de l’espoir, mais on dirait qu’à partir du moment où tu te demandes qu’est-ce que je fais ici, c’est le premier pas vers un monde nouveau. »

Le centre souhaite leur offrir un cadre pour se développer. La directrice de la Maison de l’espoir, Isabelle Normandeau, explique que la musique et le sport font partie intégrante du processus.

« Des intervenantes qui travaillent avec des garçons, c’est pas toujours facile »

« La pandémie a fait ressortir des problématiques qui étaient peut-être latentes », témoigne la Baieriveraine. Selon elle, l’anxiété est devenue monnaie courante depuis.

Des situations qu’elle croyait « réglées en 2026 » reviennent à la surface. « Toutes les choses au niveau de la misogynie, au niveau de l’homophobie. Mon Dieu, on était supposé être rendus ailleurs, mais ça revient. »

L’intervenante ayant 30 ans d’expérience accueille des jeunes en crise de plusieurs régions pour les aider à transitionner et réintégrer leur milieu. (Crédit : Zachary Rivard)

De jeune en difficulté à artiste sur scène

Les résidents de la Maison de l’espoir n’ont pas accès à leur téléphone. Ils s’occupent et apprennent à vivre en communauté. « Ils doivent trouver d’autres choses à faire. »

Certains utilisent la salle de sport du centre. D’autres grattent une guitare. Ils accompagneront Soucy sur la scène du Coté-cour samedi soir.

« Il y a un jeune actuellement qui est [hébergé] et qui va jouer samedi soir », dit Isabelle Normandeau. Le compositeur lui répond fièrement que Mika « va faire une toune seul ».

Il a été repéré par un intervenant qui invite les jeunes à jouer avec lui. « À un moment donné, il voyait bien que ça allait bien, câline. Il s’est vraiment amélioré, raconte la directrice du centre. Je lui ai demandé s’il avait le goût, et il m’a dit “ben oui !” Alors, il se pratique et il sera là samedi, avec ses parents. »

L’évènement aura lieu samedi à 20 h au Coté-cour de Jonquière. Les bénéfices de la soirée iront directement à l’organisme.

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