Femme pays : retour sur la première du film à Chicoutimi

C’est mardi dernier qu’avait lieu la première du film « Femme pays », au cinéma l’Odyssée à Chicoutimi. L’œuvre qui rend hommage à la vie de Pauline Julien, met en scène Suzanne Clément, dans le rôle-titre, alors que Patrice Dubois incarne Gérald Godin.
Réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, le film brosse le portrait de la vie de la chanteuse, en détaillant sa carrière, sa relation intime avec Gérald Godin, ses démarches artistiques, sa vie familiale, ses luttes revendicatrices et son implication politique dans l’ambiance d’un Québec en mouvance. L’œuvre se dresse principalement autour du diagnostic important d’aphasie dégénérative, auquel l’artiste a dû faire face. La mise en lumière de cette partie de sa vie permet d’accentuer l’importance que l’expression orale avait pour cette femme de mots.
« C’est un film qu’on a voulu faire pour ceux et celles qui ne connaissent pas Pauline et Gérald […] on avait le devoir de les faire exister en chair et en os », explique Patrice Dubois, lors de l’évènement. « Suzanne et moi, on avait envie de porter ces personnages-là avec toute la complexité qu’ils méritaient », révèle l’acteur, qui souligne également que de nombreuses scènes ont été improvisées, afin de mieux capter l’authenticité des personnages.

« Je suis fier de l’audace que j’ai pu avoir à certains moments, et de la liberté que j’ai prise dans ce projet », confie Patrice Dubois. (Photo: Agence M)
Complexité aiguisée
« C’est un rôle particulier de chausser les souliers de quelqu’un qui a existé, qui a marqué les esprits et qui m’a marqué moi », raconte l’interprète du politicien.
Durant le processus complexe de préparation au personnage, il explique avoir saisi à quel point le politicien était un homme complexe et tout le travail qui lui a permit de mieux le comprendre. « C’était vraiment un homme d’une grande humanité, on le voit dans son œuvre, dans son désir de comprendre l’autre, de comprendre les femmes de son époque […] », dit-il. « Heureusement, j’avais accès à 150 entrevues de sa part, en plus de ses textes, ses lettres […], je me suis préparé en me gavant de ça, en tentant de comprendre son rythme, comment il articulait sa pensée, qu’est-ce qui le préoccupait », résume l’acteur.
Une époque pas si lointaine
Une bonne partie du long métrage se déroule pendant les Trente Glorieuses. C’est à travers leur relation et leurs idéaux que le film démontre le déroulement de cette période politique mouvementée. Alors que ces années semblent lointaines, de nombreux parallèles s’effectuent entre les luttes que soutenaient Gérald Godin et Pauline Julien, et notre période électorale actuelle.






