Autobus : le secteur en crise face aux prix du carburant

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Interbus possède 70 véhicules et emploie 80 chauffeurs. (Photo : Julianne Landry)

Depuis le 1er juillet, le prix du diesel a bondi, passant de 2 à près de 3 dollars le litre, soit plus de 40 % d’augmentation. La situation a un fort impact sur l’industrie du transport et particulièrement les autobus. Des entreprises, comme Interbus Saguenay, sont contraintes d’augmenter leurs prix.

Pour un autobus scolaire, avec un réservoir de 400 litres et à raison d’un dollar de plus par litre, l’augmentation est donc de 400 dollars par plein. « C’est quand même considérable. Un plein, c’est 1 200 km de trajet », explique Michel Tremblay, le directeur des opérations.

« 20 % de plus pour un trajet jusqu’à Québec. »

Le problème : les contrats auprès des centres scolaires sont pluriannuels et la rémunération n’est pas indexée sur les coûts de l’essence. « Au renouvellement de contrat, il va y avoir une facture à payer », regrette-t-il. Sur le transport dit nolisé, c’est-à-dire de tourisme et de location, l’entreprise a déjà répercuté l’inflation. « On facture 20 % de plus pour un trajet jusqu’à Québec. »

La flotte de Michel Tremblay est composée à un tiers de diesel, un tiers de propane et un tiers d’électrique. (Photo : Maxence Gibault-Renault)

Cette augmentation des prix du transport touche tout le secteur, confirme le président-directeur général de la Fédération des transporteurs par autobus Luc Fortin. « La seule manière pour que les transporteurs puissent survivre, c’est de transférer en partie cette hausse du prix du carburant aux utilisateurs. Il y a un risque : une baisse de fréquentation. Alors que c’est tout à fait l’inverse que l’on souhaite. »

Intercar, une autre entreprise jonquiéroise, a laissé savoir, la semaine dernière, à Radio-Canada, envisager une augmentation de ses tarifs sur ses lignes interurbaines.

L’électrique, une solution ?

Face à la hausse, le renouvellement du parc qui tourne aujourd’hui au diesel est possible, mais difficilement applicable. Au dépôt d’Interbus, 4 véhicules solaires, reconnaissables à leur couleur jaune, sont branchés aux bornes de rechargement électrique.  « Mais leur autonomie fait défaut. Pour être le plus rentable possible, il faudrait les mettre sur les longs circuits, qui consomment plus. Mais on est contraint de les affecter à des petits circuits de ramassage scolaire », déplore Michel Tremblay.

Le prix d’achat d’un autobus neuf a augmenté de 73 %, entre 2022 et 2026, rapporte la Fédération. (Photo : Maxence Gibault-Renault)

Et le remplacement des véhicules demande un investissement massif, témoigne Luc Fortin. « L’électrification, la réalité, c’est que ça ne se fera pas du jour au lendemain. Parce qu’un autobus scolaire, ça coûte très cher et la période d’amortissement d’un autobus, c’est sa durée de vie, donc 12 ans. »

La Fédération des transporteurs par autobus du Québec estime que 80 entreprises ont fermé ces 4 dernières années. Dans ce secteur en crise, soit elles ont été rachetées, soit elles ont cessé leurs activités. Un manque de concurrence qui, à terme, impacte le consommateur.

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