Plus rien n’est égal par ailleurs : Un film qui divise, et c’est voulu

Le film a remporté le « Grand prix du jury » au Festival de films de Portneuf sur l’environnement à Saint-Casimir. (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Présenté jeudi soir au Cégep de Jonquière, le nouveau documentaire de Martin Bureau a suscité autant d’éloges que de critiques. Le réalisateur, lui, s’en réjouit.
Dans la salle François-Brassard du Cégep de Jonquière, ce jeudi, ce sont plus de 200 étudiants et visiteurs de l’extérieur qui sont venus découvrir le nouveau film de Martin Bureau : « Plus rien n’est égal par ailleurs ». Sorti en 2026 et produit par l’Office national du film (ONF), ce long métrage mélange plusieurs styles. Il s’attaque aux excès d’une société occidentale débordée par le capitalisme, mais incapable de s’en affranchir.
Pour apporter un récit critique et incisif de notre société, c’est le philosophe et essayiste québécois Alain Deneault qui a été invité à réagir « non pas en tant que spécialiste, mais en tant que créateur ». « On a commencé le film par un jam de musique, puis on a fini par un jam de philo », a résumé Martin Bureau.

Le tournage et le montage du film ont duré 5 ans (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Le point de départ du film-essai documentaire est un constat simple. « Le premier déclic que j’ai eu, c’est de me dire : on le sait, ce qui se passe », a expliqué Martin Bureau pendant la discussion qui a suivi la projection. Une quarantaine de sujets de société sont abordés dans le film, tourné sur plusieurs années, sans scénario.
Le mal n’est pas ailleurs
Au départ, le projet devait être international à Las Vegas et en Chine. C’est à cause du début de la pandémie que le tournage a été annulé. Le film a, ainsi, été tourné presque entièrement au Québec, parce que « c’est facile de penser que le mal est ailleurs ».

Le réalisateur Martin Bureau est originaire de Saint-Félicien, (Photo : Diego Pinto de Queiros)
« Je respecte le travail, mais je n’aime pas le message »
Le film est loin d’avoir fait l’unanimité. Pour Eliott, un étudiant en cinéma au Cégep de Jonquière, il affirme avoir été vraiment contre le film. « Je respecte le travail qui a été fait derrière ce film. » mais « politiser l’environnement, ça n’a aucun sens ».
L’étudiant y voit « une critique de toutes les générations », trouvant qu’on demande aux jeunes d’agir sans leur en donner les moyens. « Parce qu’à chaque fois qu’on essaie, on se fait recaler. »
Il refuse aussi de faire la leçon aux jeunes. « Parce que je n’ai aucune prétention de faire un film parfait », a confié le réalisateur après la projection, une réaction négative est positive, « ça implique une posture du spectateur ».
Pour Sherley Girard, enseignante en histoire de l’art, c’est justement le but : « On peut être en désaccord, la réflexion se fait pareil. »
C’est la troisième fois que Martin Bureau vient au Cégep de Jonquière. Des étudiants du Cégep de Chicoutimi se sont aussi déplacés pour découvrir cette autre vision de la société.






